Mon Internet est mort

Mon Internet est mort, peut-être pas le vôtre mais le mien assurément.

Je n’ai jamais été vraiment présent sur les réseaux sociaux. Je m’aperçois seulement maintenant qu’il n’y a pas besoin d’y être pour être victime de leurs effets négatifs. L’actualité est fortement influencée par les réseaux sociaux, Twitter évidemment, cette vidéo incroyable sur Facebook, l’Instagram de Justin Bieber. La viralité et l’immédiateté des réseaux sociaux font l’actualité du jour. Qu’importe si l’information est fausse ou aussi intéressante qu’un pet dans la stratosphère on en parle… ça fait le buzz… on s’excusera plus tard si l’information est fausse. Nous y sommes, le flux est trop important, on ne peut plus contrôler la véracité de l’information. Cela demande du temps, du travail, des gens compétents, de l’investissement. Et puis c’est ce que les gens veulent en réalité… ou ils veulent du divertissement ?

A présent il faudra faire avec les autoroutes de la désinformation et ça va changer beaucoup de choses. On peut informer et déformer les faits encore plus rapidement. Bienvenue dans une société où tout le monde fait l’information et où l’éthique du journalisme n’intéresse plus. Je me vois mal circuler sur Internet en me demandant toutes les 2 minutes si une information est vraie. La source est-elle sérieuse ? Suis-je sur un site de confiance ? C’est quoi la confiance déjà ? Un site en accord avec mes idées ? Mais la bulle de filtre alors ?

Il va falloir payer pour l’information de qualité avec tous les effets pervers que ça va engendrer. Certains n’en auront pas les moyens. Beaucoup n’y verront aucun intérêt en allant pêcher de l’information “gratuite” d’une qualité très discutable sur des sites de buzz, bourrés de publicités et vendant le contenu “journalistique” au plus offrant. On cassera l’accès à l’information puis on cassera Internet, on ne pourra plus faire un lien vers une information de qualité puisqu’il faudra posséder un compte payant. La diversité des sources se réduira, seulement quelques sites d’information (les plus gros) survivront.

Certains avaient rêvé d’un endroit où s’informer, où partager. J’en fais partie. Cet endroit croule à présent sous la haine, le bruit, l’ego, le faux, la surveillance, l’argent. Nous sommes des enfants incapables d’écouter l’autre, de lui laisser sa place dans le monde, de le laisser s’exprimer.

Il est temps pour moi de me déconnecter. Je vais arrêter de bloguer pendant un moment. Je crois qu’Internet divertit notre esprit, occupe notre temps mais n’informe plus vraiment. On consomme l’information mais on ne la digère plus, on perd sa valeur nutritionnelle, finalement on en perd son sens.

Tcho les filles !

Déjà 33 avis pertinents dans Mon Internet est mort

  • alterlibriste
    Tu approches des 40 ans pour parler à ce point comme Cyrille ?
    C’était mieux avant, on va tous mourir.
    Plutôt que d’arrêter de bloguer, pour être cohérent avec ce que tu écris, il faudrait d’abord que tu arrêtes de suivre tous les sites dont tu aimes relayer les articles. Pourtant, ils ne sont pas basés sur la désinformation, la haine et le sensationnalisme. Donc internet n’est pas cassé, il faut juste savoir mieux faire le tri.
  • erwann
    Au contraire, je pense qu’il est important – vital ? – que les blogueurs “indépendants” continuent de semer les informations et leurs opinions, même si je ne les partage pas tout le temps.
    À l’exception de LinkedIn (damned maintenant dans les mains de M$) pour des raisons professionnelles, je ne vais pas sur les réseaux sociaux et je ne suis aucun “influencer”. En revanche, je lis régulièrement et avec intérêt ta prose ainsi que celles de Timo, Korben, SebSauvage, Cyrille, Angristan, Tristan Nitot, Seboss666, Framablog, … et de nombreux autres en Anglais ou en Allemand.
    Ne pas toujours partager les opinions de ceux que je lis me permet de progresser et de continuer à me forger mes opinions tout en prenant du recul.
    Je n’ai jamais compris à quoi pouvait servir Twitter et personne n’a réussi à me convaincre de son utilité et de sa valeur ajoutée à ma “cyber-vie”.
    En revanche, je me plains depuis plus de 30 ans (eh oui, j’ai quelques années de plus que Cyrille & co) que la grande majorité des journalistes ne font pas leur travail. J’attends d’un Journaliste digne de ce nom qu’il analyse, qu’il vérifie et qu’il informe en remplissant une mission “d’éducation” – “information” au sens noble du terme – du lecteur ou de l’auditeur.
    Ma génération a connu dans sa jeunesse les excellentes émissions de Michel Chevalet et Laurent Bromhead qui expliquaient et informaient (au grand damne des mauvais profs de physique) : la vulgarisation n’est pas un gros mot.
    Aujourd’hui, la plupart d’entre nous est atterrée en entendant la logorée de la grande majorité de pseudo “journalistes” au sujet des soit-disant “nouvelles technologies” (je hais ce terme), relayant des informations au mieux erronées généralement totalement fausses.
    Mon impression est que la caste des journalistes continue de vivre en se cachant derrière Bob Woodward et Carl Bernstein (journalistes du Washington Post qui ont révélé l’affaire du Watergate) et en faisant croire à un 5° pouvoir indépendant qui n’est aujourd’hui qu’une illusion.
    Il n’y a plus que très peu de journaliste qui risquent leur confort (et parfois leur vie) pour investiguer et informer.
    Que les journalistes commencent à véritablement expliquer ce que représentent le pouvoir des GAFAM, les dangers de ne plus avoir de développeur et de constructeur de téléphone mobile européens avec un système d’exploitation européen, d’héberger des données vitales hors du territoire continental européen (j’exclus à dessein UK et dans une certaine mesure l’Irlande) ! …
    Que les journalistes expliquent pourquoi certaines entreprises européennes (en particulier françaises) sont également dangereuses pour les libertés individuelles des citoyens que nous sommes ! …
    Que les journalistes expliquent aux citoyens la différence entre l’Union Européenne et le Conseil de l’Europe et pourquoi la Cour Européenne des Droits de l’Homme (Conseil de l’Europe) est vitale pour la protection des citoyens européens et de leurs libertés individuelles ! …
    Que les journalistes investiguent et expliquent pourquoi les recommandations de la cour des comptes devraient être contraignantes et non pas “just for fun” ! …
    Que les journalistes comprennent que lorsque tous les citoyens seront “lobotomisés”, alors il n’y aura plus besoin de journaliste, un robot (IA) pourra twitter à sa guise et ainsi contrôler les masses.
    Il serait bon que l’on relise Marshall McLuhan et que l’on tente de comprendre la pertinence de ses analyses (il était au programme de philo lorsque j’étais en Terminale ; eh oui la philo est utile, vitale même, y compris lorsque l’on fait un Bac C).

    Alors, s’il te plaît, continue d’écrire car nous avons plaisir à te lire !!!

  • AkhThoT
    Bonjour,

    Et si tout simplement, les réseaux sociaux et donc une partie seulement du net, abordait une nouvelle étape, celle qui peut les détruire et blesser profondément le net, mais pas le tuer.

    Une étape vers la sagesse ? Comme toute société finalement, elles évoluent et passent par diverses phases dont celle de la violence, la perte de repère, etc …

    Une grosse crise d’ado des réseaux sociaux ? La maturité n’est peut-être pas si loin ?

  • Tu sembles découvrir une réalité qui est là depuis de très nombreuses années. Crois-tu que les gens sont dupes ?

    Mais, malgré tous ses défauts, Internet est plébiscité par les citoyens comme une des sources les plus fiables en matière d’information. Vive Internet ! Vive Firefox ! ;+)

  • alterlibriste
    Il se peut que tu trouves quelques raisons sur mon blog.

    > pour ma part je dirais seulement que le net c’est devenu un non-sens, un endroit sans queue ni tête.

    Un peu comme la vie ?
    Cela a toujours été le cas, sauf que les outils se sont adaptés pour le plus grand nombre, même à ceux qui n’ont pas grand chose d’autre à dire que leur haine.
    Ces gens-là existaient déjà mais ils n’étaient pas audibles sur la place publique.

    Je crois qu’il faut que tu différencies l’échange, la documentation, le partage d’idées, …
    Tout n’est pas à jetter.

  • AkhThoT
    Que le propriétaire des lieux modère les commentaires, c’est totalement concevable.

    Que cette modération soit faite par d’autres chez d’autres, c’est de la censure, et là on voit bien vers où cela nous amène.

  • Le Castillan.
    Je suis d’accord mais pas tout à fait…

    D’accord quand on dit qu’Internet a bouleversé le monde alors qu’il n’en est rien :
    – la planète est de plus en plus polluée,
    – il y a toujours autant de guerres,
    – les riches sont plus riches,
    – les pauvres sont plus pauvres,
    – on doit travailler plus longtemps et parallèlement à cela il y a moins de boulot (en France en tous cas…),
    – les Russes et les Américains dominent le monde, les Chinois en profitent,
    – les ados dorment avec leurs smartphones au lieu d’apprendre leurs leçons,
    – les profs apprennent à faire cours pendant que leurs élèves téléphonent,
    – les gens ne se parlent plus, ils tchattent,
    …etc…

    Pas d’accord dans le sens où Internet permet…

    – d’accéder à des contenus de qualité (pas tous certes…) auparavant inaccessibles par une bonne partie de la population,
    – de garder ou de retrouver le contact avec des personnes qui nous sont chères,
    – à des personnes isolées de retrouver un certain lien social, voire une activité,
    – à de jeunes pousses, de se lancer à moindre frais, dans une activité entrepreneuriale,
    – faciliter l’accès à certains services d’état, là où le minitel avait commencé,
    – de fédérer des actions de groupes, dans le domaine associatif,
    – de créer des liens, là où il n’y en avait plus,
    …etc…

    En tous cas c’est ce que je m’efforce de penser à chaque fois que j’ouvre mon navigateur mais il est vrai que c’est de plus en plus difficile tant le nombre de contenus “malveillants” (et je ne parle pas de virus…) augmente au détriment des contenus de qualité ! Quant au réseaux sociaux, ils détruisent notre jeunesse à petit feu et ces futilités d’aujourd’hui seront les grands maux de demain !

    Bon quand je dis cela, je ne règle rien, désolé… La misère du monde n’est pas de taille humaine (Coluche).

    Le Castillan.

  • AkhThoT
    Pour moi et je précise bien pour moi, la liberté d’expression n’existe pas si elle n’est pas pleine et entière. Les mots ne sont ni les actes, ni la pensée, toute condamnation reste arbitraire en se basant sur des mots.

    Un état devient un état censeur dés lors qu’il pond des lois mémorielles ou des lois qui décident de ce que l’on peut ou non dire (écrire).

    La censure ne permet pas le débat d’opinion, ni l’ouverture d’esprit. Cela conforte les gens dans leur opinion, sans possibilité de leur expliquer / démontrer qu’ils se trompent ou qu’ils peuvent être plus modérer dans leur propos.

    Par contre la modération de commentaires dans un espace privé, n’entrave en rien la liberté d’expression. Il est normal de refuser chez soi que des individus viennent raconter n’importe quoi.

  • AkhThoT
    J’ai peut-être bien une vision très “simpliste” (ce que tu ne dis pas je précise) :-) Mais dès lors qu’un organisme s’octroie un pouvoir de censure, la dérive est inévitable.

    C’est pourquoi la liberté d’expression doit être pleine et entière. Ce qui n’exonère pas de sa responsabilité si celle-ci amène ou précède des actes réels et condamnables.

  • A1
    Pour ma part, je ne suis pas sûr qu’il soit possible de statuer sur la question de la censure et de la liberté d’expression. Nous sommes à chacun notre propre norme en la matière. Pourtant, l’expression est dans l’espace interpersonnel, et relève par conséquent d’un enjeu collectif. Pour chacun, il y a certaines choses que nous voulons pouvoir dire, et d’autres dont ne voulons pas dans l’espace public. Je vois cet arbitrage comme l’expression d’une dignité (ou d’une indignité) collective. C’est d’ailleurs possible de définir un collectif comme un espace relationnel qui partage la même idée de la censure et la même idée de la liberté d’expression. Par conséquent, faire d’une idée de la censure et de la liberté d’expression un absolu revient à faire de ce groupe un groupe totalitaire. La question n’est pas ce que Pierre, Paul, Jacques ou Jean pensent, mais de savoir comment est-ce qu’ils peuvent se mettre d’accord. Le “pour moi” est déclaratif, c’est une posture. Ce qui compte, c’est le mouvement qui conditionne le nécessaire compromis itératif à la vie en société.
  • AkhThoT
    A ce stade de la conversation on tombe sur deux visions opposées et je pense non réconciliables.

    En gros pour moi :
    * l’équilibre est naturel. La méchanceté et la bêtise sont inhérentes à l’homme. Sa capacité à faire des choix “éclairés” par lui-même est toujours possible.

    Pour toi (corriges moi au besoin) :
    * l’homme a besoin d’un guide, d’un tuteur ou en d’autre terme d’une autorité pour le préserver de lui-même.

    Je préfère la liberté avec ses risques et travers que la normalisation avec ses perversions.

    Toute la question réside dans cette acceptation des bons et des mauvais côtés de ces deux visions, à travers le prisme de nos éducations, nos valeurs et nos morales.

  • AkhThoT
    “– Pour moi la liberté avec ses risques c’est surtout laisser la possibilité à n’importe qui de faire n’importe quoi. C’est la loi du plus fort. Je ne crois plus depuis longtemps à l’intelligence de l’espèce humaine pour arriver à s’auto-réguler”

    Cet argument “c’est la loi du plus fort” n’en ai pas un. Je ne prône pas la loi de la jungle, mais la liberté, avec son corollaire la responsabilité. Des règles et des lois qui protègent cette liberté et un état pour régler les conflits. Dois-je préciser que la liberté s’arrête lorsqu’elle prive une autre personne de liberté, ou lorsqu’elle nuit à la propriété physique ou matérielle d’un individu.

    L’espèce humaine existe toujours, les civilisations ou sociétés en niant à un moment ou un autre la liberté finissent par disparaître.

    Et pour te paraphraser la régulation par d’autres “c’est surtout laisser la possibilité à n’importe qui de faire n’importe quoi.” ;-)

  • A1
    Finitude et absolu s’inscrivent dans une synthèse continuelle. Entre les deux, c’est l’espace de nos humanités et de celle que nous avons en partage.

    Là, il me semble qu’AkhThoT parle d’une liberté d’expression absolue érigée comme norme souhaitable. Comme tu l’écris AkhThoT, cette liberté a pour corollaire inévitable une responsabilité, qui est toute aussi absolue. Cette responsabilité concerne celui qui s’exprime vis-à-vis de-lui même, mais aussi vis-à-vis de ceux auxquels il s’adresse. Par conséquent, une liberté d’expression absolue implique une responsabilisation absolue de l’individu par lui-même et par le collectif. Pour le coup, ça peut virer rapidement au totalitaire sous couvert de “brisons nos chaînes”.

    En l’état, je ne suis pas sûr que la discussion mène quelque part: très abstraite, beaucoup d’idéologie sous jacente, et déclarative/posturale. Un petit effort !

  • AkhThoT
    En fait, pour clore ma participation à cette discussion.

    L’absolu est impossible à atteindre, c’est une utopie.

    Je regrette seulement toutes les décisions qui ne mènent pas vers plus de liberté, mais au contraire la restreigne, avec des justifications basées sur des contres vérités et des hypothèses.

    My two cents :-)

  • Bonjour,
    Je viens tardivement sur ton billet qui rejoint globalement mon état d’esprit de… Quadra :-P
    Pour ce qui est d’exister, j’existe déjà pour assez de monde et pour ceux qui restent dans ce ailleurs virtuel, tant pis… Ce qui me désole finalement c’est d’avoir vu une utopie exister un temps avant de se détruire. Déjà au temps des forums (15 ans au moins) j’avais théoriser sur cet aspect autodestructeur de l’humain.

    Bon, après je continue de bloguer dans mon coin, avec les survivants, et je n’aborde plus les sujets inutiles et polémiques. Dommage mais bon, il y a bien des tutos à faire pour les rêveurs qui naissent encore aujourd’hui…

    Allez, à bientôt ici ou ailleurs et bonnes fêtes

  • erwann
    Pour en rajouter une couche en cette fin d’année :
    http://www.silicon.fr/etats-unis-voyageurs-profil-facebook-esta-165807.html
    https://www.rts.ch/info/sciences-tech/reperages-web/8267928-les-etats-unis-demandent-les-comptes-des-reseaux-sociaux-aux-touristes.html
    De nouveau, aucune réaction dans les médias ni de la part des politiques ! … Pourtant cela en vaudrait la peine !
    Mon sentiment est qu’une telle inquisition convient bien à nos politiques, cela leur fournit un élément de plus pour justifier – a posteriori – des collectes d’information toujours plus extensives.
    Le ridicule ne tuant pas, de telles décisions ont encore de beaux jours devant elles.

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