Changer le monde

Je m’étais gardé d’écrire un article comme ça auparavant. Trop lourd à porter, trop lourd à écrire.

Quand je prends mon fils dans les bras, j’ai bien conscience que c’est à lui que le futur appartient et que c’est à lui que je léguerai ce monde. Ce monde j’y aurais contribué ou j’aurais renoncé ? Je l’aurais fui ou je me serais contenté de le mépriser ?

Je façonne mon petit monde avec ce que je fais. Combien de personnes ont renoncé à changer le monde ? Il est devenu plus rapide de compter ceux qui restent plutôt que ceux qui ont renoncé. Je crois que beaucoup se fatiguent tous les jours en essayant modestement d’aider, de contribuer, de partager. La capitulation est là, en embuscade. Elle attend le coup de trop : le commentaire vache, le dégoût de se rendre compte que ça ne sert à rien, les reproches qu’on se fait car ce n’est pas assez ou pas assez bien.

La démission d’une partie du monde fait peine à voir. Elle blesse, elle creuse la plaie. Chacun pour sa gueule c’est plus facile, on ne se mouille pas, c’est devenu compliqué de faire un effort ou plutôt c’est devenu tellement simple de « consommer » les efforts des autres. Je vois des gens biens être dans l’immobilisme pensant qu’ils ne sont pas capables, répondant « à quoi bon », oubliant que la moindre aide sera toujours utile et nécessaire.

Heureusement il y a les copains même si je ne suis pas sûr qu’il y ait une franche camaraderie. On se soutient, on se relance, on se serre les coudes surtout. Personne n’y croit vraiment mais on essaie quand-même d’améliorer les choses.

Cyrille cette grande gueule que j’adore a titré l’esprit libre a disparu. J’ai répondu à ma manière. Rien n’a disparu, ce n’est pas la logique qui guide les actes de ceux qui contribuent au Libre, c’est davantage le cœur. Ce cœur n’a pas la robustesse des arguments, la solidité d’une argumentation, la clarté d’un discours. Il vit, soupire, se passionne, s’affaisse. Il est gonflé d’orgueil et d’espoir, il aime et il hait. Et finalement la passion qui l’étreint lui fait commettre de nombreuses erreurs… bien loin de la logique.

Tant qu’il y aura de la vie, il y aura de l’espoir. Tant qu’il y aura des personnes qui voudront changer le monde, il y a aura des cons pour les traiter de fous, de menteurs, de prétentieux et pour pouffer de rire devant tant de bêtises et d’erreurs.

Je laisse le monde tel qu’il est aujourd’hui à ceux qui en sont satisfaits et qui peuvent s’en contenter. En ce qui me concerne il ne me convient pas, j’assume le fait qu’il produit beaucoup trop de malheur et d’injustice, j’assume ma part de responsabilité dans ce monde. Du coup… j’ai du boulot.

Déjà 6 avis pertinents dans Changer le monde

  • Changer le monde ?
    Un peu ambitieux, non ?
    Mais apprendre à nos enfants, parler à notre cercle « d’amis » en ligne ou afk, c’est déjà pas mal. En espérant porter « la bonne parole ».
    Mais oui, ne pas renoncer….
    Et surtout ne pas essayer de convaincre (vaincre les cons), car ça c’est mission impossible….. ;)
  • bruno-legrand
    Je suis d’accord avec toi, il faut y croire et il faut agir à notre portée.
    Il y à plein de choses que l’on peut faire à notre portée, faire attention au recyclage (prendre soin de notre planète et surtout de celle qui sera la terre de ceux qui seront après nous et qui n’ont pas à subir nos merdes), acheter d’occasion pour les même raisons, faire des dons à des asso, faire de l’associatif, faire des dons de sang, de moelle osseuse, d’organes…… etc
    Bref je pense qu’il y à plein de choses que l’on peut faire qui ont des conséquences, à nous de voir quelles conséquences nous voulons pour nos actions, pour notre vie.
    Et comme on dit les petits ruisseaux font les grandes rivières. ;)

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