Non, Nuit Debout n'a pas besoin des rouges-bruns

Après mon premier billet sur la Nuit Debout, je tombe ce soir, coup sur coup sur les analyses un peu navrantes de Greg Tabiban et Franck Brusset de cette non-affaire sur l’« expulsion » de Finkielkraut de la Nuit Debout. Et avant de poursuivre votre lecture, je vous conseille celle de  ce billet écrit par l’une des personnes responsables du calme ce soir-là et qui, contrairement à ce qu’affirme Finkie, l’a encadré et protégé.

Postulat erroné : la Nuit Debout, c’est de l’entre-soi

Faut vraiment pas avoir passé beaucoup de temps à la place de la Rep pour oser affirmer, comme le fait Franck Brusset, que la Nuit Debout n’est qu’un « rassemblement de collectivistes » qui font marrer le bourgeois avec leurs idées néo-marxistes. J’ai bien compris que les vidéos du bonhomme étaient très taquines et que c’était le fond de commerce de la série Terrene trash. Mais il y a un fossé entre pointer les incohérences du mouvement pour taquiner et dire de la merde par parfaite méconnaissance.

Il y a, tous les soirs, place de la Rep, tout un tas de gens aux tendances politiques diverses. Il y a des gens qui sont là pour défendre les sans-papiers, il y a aussi diverses tendances du féminisme, il y a des défenseurs du droit des animaux. Il y a même des vegans ! Ils sont essentiellement de gauche, certes, mais cela peut-il suffire à les catégoriser néo-marxistes tendance poux dans les dreads ?

Et quel argument Franck Brusset donne-t-il pour étayer son propos ? D’après les extraits qu’il a vus, « [Finkielkraut] avait l’air sincère ». C’est faible, pour bâtir une argumentation, n’est-ce pas ? Surtout si l’on tient compte de la profession du monsieur — il est dans la communication, essentiellement d’idées malsaines, ce que l’on appelle pudiquement « polémiste » — qu’il exerce depuis trente ans et l’on rompu à la logorrhée médiatique.

Que penser alors de ce monologue unilatéral dans lequel la version de l’Académicien est répétée, diffusée à l’envi quand celle des responsables sérénité de ce soir-là rencontre un silence de plomb ?

Bien évidemment, comme je le détaillais dans mon précédent billet, l’on ne pouvait s’attendre à autre chose de la part des nouveaux chiens de garde. De la part de vidéastes qui ont grandi avec internet, en revanche, la pilule est plus complexe à déglutir.

Pourquoi ces gens-là sont nocifs

Ce qui caractérise la mouvement Nuit Debout, le seul point commun que j’ai retrouvé chez tous les gens que j’y ai rencontré, c’est la tolérence, l’ouverture d’esprit et la volonté de bâtir un monde meilleur. Ce n’est pas ce qui caractérise ni les soraliens, ni les rouges-bruns, ni Finkelkraut qui bâtissent leur idéologie sur la haine et la stigmatisation de l’autre. Et c’est pour cette raison, et cette raison uniquement, que ces gens-là n’ont rien à foutre dans ce mouvement, qu’ils n’ont rien à lui apporter et que la grande majorité des autres participants demande toujours leur départ.

Le mouvement Nuit Debout ne doit pas, ne peut pas se construire sur des idées rances de stigmatisation d’une partie de ses participants. Ça ne peut pas constituer une base saine pour refonder la démocratie. Ce n’est que parce que ces gens-là ne font que propager la haine qu’ils se font exclure du mouvement.

Déjà 4 avis pertinents dans Non, Nuit Debout n'a pas besoin des rouges-bruns

  • Un ami vient de m’interpeller sur cette affaire., déçu de ce qu’était devenu le mouvement Nuit Debout. La machine médiatique fait mal : il faut du temps pour expliquer le personnage et la raison de son éviction polie de République.
  • J’ai l’impression que tu fais un affreux contre-sens au sujet de Finkielkraut. Je crois, avant tout, que c’est quelqu’un qui cherche le débat. Je tiens à préciser que je n’ai ni sympathie, ni empathie pour le personnage de Finkie.

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