Être

Il faut du temps. 6 semaines que je suis sur cet article. Une vie pour y arriver.

Enfant

Les enfants sont égocentriques, ce n’est pas « mal » mais logique. Ils sont au centre de leur univers, au centre de l’attention de leurs parents. Tous les jours ils doivent apprendre à vivre et grandir dans ce monde aux milliards d’informations. Ils ont bien plus conscience d’eux que des autres. De 4 à 6 ans les enfants développent leur empathie. À l’adolescence ils deviennent conscients et susceptibles du regard des autres.

Parent

Dans quelques familles les parents font partie des meubles, ils ne sont pas des êtres avec des rêves/émotions/failles, ils sont un rôle. Celui de parent.

Père et fils

On n’aborde pas la parentalité et le fait d’être père de la même manière avant et après avoir eu un enfant.

Je l’ai dit et il me semble que ça transparaît quand j’en parle, j’aime mon fils et je doute qu’il me soit arrivé une meilleure chose dans la vie. Je pense être un bon père, je suis en revanche un fils exécrable.

Je ne connais rien de mon père, je n’ai jamais réellement cherché à le connaître. Nous sommes des étrangers. Je n’ai rien à lui dire, lui non plus. Il n’y a pas de haine, juste ce malaise palpable de ne rien avoir en commun, rien avoir à partager. Les conversations que j’ai avec mes parents sont vides d’intérêt, dénuées de proximité, d’intimité. Ils ne me connaissent pas, ils ne savent rien de moi. Je suis incapable de dire Papa ou Maman, trop près, trop proche, je ressens comme une imposture. Même dans les mots j’ai pris de la distance, je dis « où est mon père ». J’ai commencé sur le ton de l’humour (ou de l’ironie…) à utiliser les termes père/mère qui finalement sonnent plus juste que Papa/Maman pour moi.

Être avec ses parents

Dans Être et avoir je parle de s’accepter, d’aller vers soi-même. Il s’agit de la première clé pour être bien dans ses pompes, la première marche pour atteindre le bonheur ou du moins une certaine sérénité.

Je n’ai pas la force de me battre contre mes parents pour défendre/justifier mon existence, mes choix, ce que j’aime et ce que je suis. Pas la force de leur expliquer.

Mon père n’a jamais allumé un ordinateur de sa vie, imaginez le fossé entre lui et moi quand ma passion et mon travail tourne autour. Ce que je fais lui est abstrait, inconnu, peut-être même inutile. « Encore sur ton ordinateur » est une remarque que j’ai entendu tellement longtemps, tellement souvent. Comment se rejoindre quand une partie aussi importante de ma vie est ignorée ?

Alors je fuis, je suis absent, insaisissable.

Parfois mes parents se plaignent de ne pas avoir de nouvelles pendant plusieurs semaines (alors que je vis à 50 km). Mon fils est un prétexte pour les voir, si il n’était pas là je n’irais pas, je ne les verrais pas pendant des mois.

Aimer et être aimé

Je crois savoir d’où viennent les racines profondes de mon syndrome de l’imposteur. En 37 ans je n’ai jamais entendu mes parents me dire « je t’aime », à mon tour j’ai du mal à le dire à mon fils, à mes frères, à Madame. Je le dis tout bas, je me cache pour le dire à mon fils qui ne comprend même pas ce que ça veut dire. Je n’ai jamais senti mes parents fiers de moi, je n’ai jamais connu leur considération.

Je vois mon fils confiant, rayonnant. Il transforme l’attention et l’amour qu’on lui donne en confiance en soi. C’est ce qui m’a manqué, ce dont je suis dépourvu.

Aller vers soi-même

Confiance en soi > Estime de soi > Respect de soi > S’accepter > Être.

La solitude : un chemin vers soi-même.

Déjà un avis pertinent dans Être :

  • oh, un billet dans le flux RSS

    La solution : Plus d’enfant…c’est mauvais pour la planète ces trucs là en plus .
    Si je te suis, je n’étais donc pas dans « la plupart des familles »….Ou alors j’avais des meubles très intéressants
    Après, on ne connais jamais assez l’autre, surtout au moment où l’autre disparaît. Il faut s’interroger soi-même d’abord sur ce blocage qui nous fait ne rien avoir à se dire, comme tu le dis. Il y a effectivement des générations où le père était plus taiseux. Le fait de dire « je t’aime » est une chose. Le fait d’avoir d’autres témoignages de cet amour est plus important pour moi. Il y a savoir que l’on peut compter sur quelqu’un par exemple, dans les deux sens.
    Après c’est vrai que donner des nouvelles, ça devrait être dans les deux sens mais c’est plus souvent demandé dans un seul sens…dommage. Mais dans notre monde de surconsommation et surcommunication, on s’aperçoit qu’on ne sait juste plus vraiment communiquer, ne serait-ce qu’avec la personne d’à coté. Et parfois on tombe dans l’excès d’attention qui fait perdre la confiance.
    Allez, sur ce, j’ai des gens à qui parler :p
    Ciao

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