Voiture et vélo aux Sables d’Olonne

Nous sommes aux Sables d’Olonne pour quelques jours, vous êtes en train de lire un article « famille ».

J’ai fait un point sur la location de vélos pour 3 jours, ça paraissait une évidence pour nous, ce sera NON. Première fois que nous venons aux Sables, arrivés depuis 3 jours, pas assez pour une opinion définitive sur la destination mais bien assez pour souligner ce qui me gêne.

99 euros : Location pour 3 jours de 2 VTT 60 euros (VTC même prix), 2 casques 8 euros, 1 remorque 31 euros. Le petit fait du tricycle pas encore de vélo. La remorque qui fait un tiers du prix pourrait être remplacée par un siège bébé mais 1/ Le gosse adore 2/ Entre le petit sac de ville de Madame, les jouets de plage du gosse, les 2 sacs fringues propres et serviettes, la remorque est plus logique et simple niveau choix

Je ne reviens pas sur le prix, trouver 20 euros moins cher ne change rien au problème. Évidemment je ne critique pas le fait que les vélos doivent être achetés, maintenus/réparés, qu’il faut que l’entreprise puisse vivre de ces locations. Je ne suis pas pour des solutions à 50 euros où l’entreprise tire la langue, ne fait aucun bénéfice et paye ses employés ou saisonniers au lance-pierres.

La majorité des places disponibles pour les autos sont payantes près des plages de la ville, 2,20 euros les 2h puis 0,5 euros par demi-heure supplémentaire. La première remarque qui me vient, ça trie à l’entrée. Une bonne partie des familles « populaires » ne claquera pas 4 euros pour passer un après-midi à la mer garé correctement. Une hypocrisie de plus que je ne supporte pas, on ne dit pas les pauvres dehors, on fait juste en sorte que ça ne soit pas tenable financièrement pour eux.

Je vais donc payer 4 euros multipliés par 3 jours soit 12 euros en stationnement. On ne doit pas consommer plus de quelques euros d’essence par jour, une journée typique va être une sortie/ballade/bouffe puis retour à la maison et quelques heures à la plage puis retour. J’ai choisi un airbnb où on est à 10 mn en vélo de la plage sans se presser, pas loin du tout. Se déplacer et se garer en voiture pendant 3 jours nous coûtera autour de 30 euros, un tiers du prix des vélos… pas pour demain la transition alors que le lieu se prête particulièrement au vélo, nous sommes proches de toute commodité.

En ce moment mes réflexions me mènent à la notion de confort. J’ai l’argent pour les vélos, je fais le choix de prendre la voiture car c’est nettement moins cher, plus sûr, viable sous la pluie. Si demain la voiture était strictement interdite dans le monde, je prendrais le vélo ou j’irais à pied. Un moyen de dire qu’à titre personnel on peut changer les choses mais qu’au niveau politique et sociétal davantage. Pour résumer mon idée, le changement viendra d’en bas mais penser qu’il fonctionnera sans intervention politique est une erreur. Il faudra forcer les choses et les gens. Réflexion basique, la loi contraint à ne pas rouler en voiture, tu roules pas en voiture. Bizarrement la planète s’en portera mieux même si on est d’accord que le débat se focalise souvent sur la voiture quand les gros pollueurs sont ailleurs.

J’en reviens au stationnement. Nous sommes allés au port où se trouvent de nombreux restaurants. Une ligne de bus dessert l’endroit de manière minable au regard du nombre conséquent de personnes dans les restaurants, nous sommes en pleine saison touristique. La politique de stationnement est intéressante : 2,20 euros les 2 heures, 4,40 euros les 2 heures et demi, 25 euros les 3 heures. Le but doit être de faire circuler/bouger les gens au bout de 2h, à noter que la prune est à 17 euros si vous payez dans les 48h puis 75 euros ensuite. Un restaurateur me disait qu’il perdait de la clientèle et que certains clients ne payaient pas le stationnement puisque avoir une prune de 25 euros (minorée à 17) ou payer 3 heures 25 euros autant jouer avec le feu. Personnellement au bout de 2 heures je suis allé changer le ticket. Je me suis d’ailleurs fait la réflexion que l’horodateur sur lequel on renseigne sa plaque d’immatriculation devrait être en mesure de dire : « Hé coco tu me prends pour un con là, tu as pris un ticket pour cette plaque il y a 2 heures, tu circules ! »

Je n’arrive pas vraiment à blâmer la municipalité. Pour éviter l’anarchie niveau stationnement, il faut faire payer le stationnement et passer police municipale + fourrière. Vendredi 16 août à 21h police et fourrière tournaient. Quelle autre solution ? On ne peut pas trouver de la place pour construire un parking, il n’y a même pas de marquage au sol pour les vélos je suppose par manque d’espace (taille de la route). Certains mauvaises langues diront, tu te gares loin, tu marches. Bien sûr mais mon propos est de souligner à travers un exemple vécu que rien n’est satisfaisant niveau municipalité (stationnement et restaurants), voiture et vélo. Au final l’interdiction complète aux voitures sur le port serait la bonne solution mais politiquement bonne chance.

Il me semble que dans ma manière de penser et d’écrire, j’ai besoin de fluidifier ma parole : Faire des articles beaucoup moins intéressants pour vous mais m’exercer davantage à mettre des mots sur des maux. Comme beaucoup de blogueurs, j’écris quand quelque chose me fait réagir/réfléchir. La pollution, l’écologie (et même les valeurs à transmettre à mon fils comme le vélo versus la voiture) sont des sujets qui me préoccupent même si je n’en ai jamais parlé ici. En tant que civilisation et au regard des données scientifiques sur la planète et le climat, on est mal barrés. À défaut d’avoir amorcé des changements j’y réfléchis, je m’informe, j’échange et je partage.

Déjà 25 avis pertinents dans Voiture et vélo aux Sables d’Olonne

  • «
    J’ai l’argent pour les vélos, je fais le choix de prendre la voiture car c’est nettement moins cher, plus sûr, viable sous la pluie. Si demain la voiture était strictement interdite dans le monde, je prendrais le vélo ou j’irais à pied. Un moyen de dire qu’à titre personnel on peut changer les choses mais qu’au niveau politique et sociétal davantage. Pour résumer mon idée, le changement viendra d’en bas mais penser qu’il fonctionnera sans intervention politique est une erreur. Il faudra forcer les choses et les gens.
    »

    Est-ce que je comprends mal ou bien est-ce que, en résumé, ça veut dire : «quand j’ai le choix entre A et B je prends A, mais les politiciens devraient voter l’obligation de B» ?
    Quel politicien prendrait le risque de voter B si, quand ils ont le choix, les électeurs choisissent A ?

    Personnellement, dans ce genre de questions, j’essaie de me tirer d’embarras en me disant que l’argument « nettement moins cher, plus sûr, viable sous la pluie » est dérisoire par rapport aux enjeux. Mes enfants n’accepteront pas cette excuse.

    Bien entendu, le politique a la main pour changer le rapport vélo/voiture sur certains points, mais :
    – d’une part il y a un problème d’œuf et de poule : le politicien ne votera pas B si on choisit A
    – la voiture reste et restera toujours plus pratique que le vélo sur beaucoup de points.

    Donc des raisons «la voiture ceci ou la voiture cela», il y en aura toujours, et toujours de bons… hum … bons … bons aux yeux de celui qui le dit en 2019; pas aux yeux de celui qui le jugera en 2050.

  • Bienvenue dans le monde des paradoxes. Bon tu cumules airbnb, utilisation abusive de voiture, recherche de rentabilité face a recherche d’éthique….il y a du chemin.
    J’ai banni airbnb. Quand je suis dans un schéma similaire en Normandie, c’est grosses courses une fois en voiture pour ce qui est lourd puis a pied pour le frais quotidien mais inutile de chercher rentable en effet. La marche avec un petit enfant par contre c’est long….mais j’ai des souvenirs avec mes grands.parents de marches d’une heure allée et une heure retour avec le « caddie » à tirer….ils avaient 70 ans ! Donc ça rend modeste.
    Nous sommes simplement cons et fainéants
  • Avais je le choix de marcher ou pas avec le pappy ? Non car pas de vélo, pas d’auto…aujourd’hui on fait le choix de l’enfant roi et du confort. A un moment c’est comme la valeur travail de Cyrille il faut se boter le cul.
    Essaye en disant que c’est comme ça et pas autrement. Gnark gnark
    Si j’avais pas 20 kg de litières aujourd’hui je serai pas en voiture par contre 😛
  • Bruno
    Ton message et tes commentaires sont une bonne synthèse des contradictions que nous nous créons. Il y a visiblement un temps pour tout : prendre conscience, changer. Cela dépend de soi, mais aussi des autres, de la disponibilité de l’offre… L’enjeu écologique ici n’était visiblement pas important, mais exposer avec franchise tes dilemmes nous aide tous à évoluer.

    @didier-iceman : entièrement d’accord avec vous !

  • Dr Cote de Porc
    Pour ta remarque sur le prix voiture/vélo, c’est un peu faussé car d’un coté tu compares le prix d’utilisation de ta voiture (parking + essence) et de l’autre le prix de possession du vélo (location). Tu aurais amené tes propres vélos ou loué une voiture sur place ça aurait beaucoup changé le ratio. La vu que tu as déja la voiture versus devoir louer le vélo, le combat est joué d’avance.
  • Pas plus tard qu’aujourd’hui je vois qu’une amie qui a une fille de 4-5 ans a fait 8km de rando en montagne… comme quoi, marcher, on peut quand on veut :p Et ce n’est pas revenir dans le passé, c’est juste que la marche c’est bon pour la santé et une habitude à prendre jeune
  • toto
    Ce n’est pas comparable mais bon…

    Chez moi en ville, le stationnement c’est 50€ pour 1/2 journée (durée maximum qu’on peut prendre en une fois).
    Je trouve ces tarifs exagérés car il n’y a pas de zones ou le parking est gratuit donc dès qu’on reçoit des amis, qu’un corps de métier doit venir faire des travaux, etc… ça douille… Et pour ne rien arranger, les pouvoirs publics font tout ce qu’ils peuvent pour diminuer le nombre de places de parking, donc à certaines heures trouver une place c’est juste galère.

    Par contre 4 euros pour une après midi dans une zone « touristique » c’est exagéré dans l’autre sens puisque ça incite les gens à utiliser leur véhicule.

    En ce qui concerne la location d’un vélo de type VTT/VTC, le prix est dégressif en fonction de la durée… pour 3 jours ça revient à 33€/vélo pour les particuliers. De plus il y a des réductions pour les étudiants, demandeurs d’emplois, membre de certaines associations, locations de 5 vélos ou plus, etc. Et la remorque vélo pour transporter les enfants c’est 5€ pour la première journée puis 1€ par tranche de 24h supplémentaires.
    Les sacoches à fixer au porte-bagages, cadenas en U; casques, kits de réparations sont gratuits sur simple demande (il faut juste ajouter un montant à la caution qui est rendu lorsqu’on rapporte le matériel).
    Évidemment il s’agit d’une association qui reçoit des subsides publics donc ce n’est pas non plus pareil à un loueur indépendant qui loue quasiment exclusivement à des touristes…

  • sébastien
    Entièrement d’accord, les enfants savent marcher si on les habitue. On revient d’une semaine de vacances sportives en Bretagne et on a évité la voiture au maximum et privilégier la marche à pied. Et avec un enfant de 5 ans ça se fait très bien, suffit juste de pas craquer dès la première demande de « tu peux me porter? ». C’est excellent pour la santé, les enfants dorment mieux et mangent mieux derrière également. Après on en a vu également qui pour faire 10m prennent malgré tout la voiture…
  • «
    Je t’assure également qu’avoir un gosse change beaucoup de choses, si il ne veut pas marcher ou pédaler, bonne chance ! De même quand l’école t’appelle pour venir chercher ton gosse parce que malade, ils te font comprendre qu’il faut être là dans l’heure pas dans les 4 heures. J’ai femme qui m’a déjà fait une réaction allergique, tu débarques aux urgences en voiture et en vitesse.
    »

    Oui, j’ai 3 enfants et pas de voitures; je vois ce que tu veux dire. Quelque solutions que j’apporte:

    – Quand il ne veut pas marcher ou pédaler, il marche ou pédale quand même.
    – Quand l’école appele, c’est pas très grave justement parce que n’ayant pas de voitures, je travaille à portée de vélo de chez moi et de l’école. Ça c’est pas que de la « chance », c’est aussi le fait de n’avoir envoyé que des CV à des entreprises à portée de train et de vélo. D’aucuns diraient que c’est de la « chance » d’avoir les moyens de faire le difficile dans la recherche d’un emploi …
    – Quand on a besoin d’aller vite à l’hopital, on appelle le 112. D’une part, on a plus vite les secours, et d’autre part, prendre le volant en étant pressé et sous le stress d’une urgence médicale … hum … sécurité routière tout ça …

    En fait, le vrai truc pénible sans voitures, c’est pas les enfants; les enfants c’est une question d’organisation : lieu d’habitation, choix de l’école, lieu de travail.

    Le truc pénible sans voiture, ce sont les autres qui organisent des trucs « voiture obligatoire » : les soirées de mariages dans des fermes à Perpète, Darty qui a son magasin loin de tout à qui il faut porter le four à micro-onde sous garantie pour réparation, les amis qui organisent leurs anniversaires au milieux de la forêt (mais à côté d’un parking le long de l’autoroute), les réunions de famille organisées dans la maison de campagne des grands-parents, etc.

    J’en profite pour lancer un appel à tout ceux qui lisent : si vous organisez un truc, arrangez vous pour que ce soit accéssible sans voiture ! Ne croyez pas que c’est simple de trouver un covoiturage pour le petit emmerdeur trop faignant pour passer son permi.

  • en ce qui concerne vos avis sur airbnb je ne les partage pas et ce pour deux raisons. Nous voyageons à 4, nous voyageons grâce à airbnb c’est une opportunité pour nous sinon on ne voyagerait pas. On dépense de l’argent dans les entreprises locales, c’est donc un peu facile de cracher sur le système. Tous les gens qu’on a croisé n’avaient pas l’air d’être exploités et étaient ravis de pouvoir trouver une plateforme pour louer leur bien en toute confiance et je sais de quoi je parle. Mes voisins à côté de chez moi louent par eux mêmes leur maison, je vous raconte pas les galères rencontrées.

    On peut éventuellement revenir sur les dérives de airbnb avec les centres des villes touristiques où l’on ne peut plus se loger mais pas cracher sur l’ensemble du système.

  • «
    Les enfants quand il pleut ou l’hiver, vélo aussi ou peut-être bus ?
    »
    ça dépend des destinations. Mais on s’équippe.

    «
    Il y a une part de chance dans toute chose, il est clair que je te mettrai dans la classe privilégié d’être à portée de vélo de boulot, école, maison.
    »

    Il y a une part de chance, mais il ne faut pas l’exagérer. Il y aurait certainemnet beaucoup de choses à dire sur la distinction choix/chance; de plus chaque peronne est un cas particulier. Ce qui s’applique à l’un ne s’applique pas à tous.

    En tout cas, il y a des éléments qui sont des choix que tout le monde peut faire. J’en donne un comme exemple : ne pas regarder la télé le soir, et se lever plus tôt le matin permet parfois de dégager une ou deux heures de trajets. Ça ne s’applique probablement pas à tout le monde, mais dans certains cas, allonger de 45 minutes le temps de trajet n’est pas réellement un problème : c’est un choix.
    Bien entendu, pouvoir allonger de 45 minutes le temps de trajet ne résoud pas tout. Ça ne sert à rien d’être capable de partir 1h avant l’ouverture de l’école des enfants.

    Donc, si je me permet de proposer quelque « bonnes actions » climatiques, qui aident à faire sauter des loquets :

    – Si vous organisez quelque chose, faites en sorte que ce ne soit pas « voiture obligatoire ». Par exemple si vous invitez quelqu’un pour une soirée, il y a invitation implicite à rester dormir pour avoir les transports en commun du lendemain.

    – Si vous avez un boulot innaccéssible sans voiture, envoyez des CV, parce que vous allez perdre votre boulot. C’est une quasi-certitude[1]. C’est plus important qu’éteindre la lumière en sortant de la pièce.

    – Limitez la « pression sociale ». Si vous avez visité tel très beau chateau innacéssible ou si vous avez fait un superbe voyage au Pérou, évitez de donner envie aux autres de faire la même chose.

    [1] quasi-certitude au sens suivant : aucun empreur romain n’a décidé que les voies romaines ne devaient plus être entretenues. Or elles ont cessé, de fait, d’être entretenues. Beaucoup de conséquences du problème climatique seront de ce type : personnne ne l’aura choisit, tous les gouvernements auront voté contre, mais ça se passera quand même.

  • milosh
    Il y a des navettes gratuites (bus ou bateaux) aux Sables d’Olonne l’été qui vont d’un parking gratuit près de Port Olona jusqu’à à coté de la plage. Je n’ai jamais pris le bus gratuit, mais il est mieux que rien. Comme transport en commun, je prends uniquement le passage d’eau payant. Et le vélo et la marche sont à mon avis les seuls modes de transport individuel qui ont du sens dans le quartier port/plage l’été.

    Le stationnement est aujourd’hui compliqué mais il faut imaginer que quand les parkings étaient gratuits, il n’y avait « jamais » de place, il fallait souvent revenir à Port Olona pour trouver où se garer. Maintenant, on peut trouver une place payante malgré la fermeture du grand parking du centre de marée. C’est une relative amélioration.

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