La compassion est-elle soluble dans le business ?

La compassion, mot provenant du latin cum patior « je souffre avec « , est un sentiment qui permet de ressentir la souffrance d’autrui, d’avoir de la sympathie pour la détresse constatée.

Une fois n’est pas coutume, je vais donner quelques anecdotes de ma vie privée. Vous savez que je n’excelle pas dans l’exercice, à l’inverse de certains blogueurs qui utilisent le procédé à merveille pour permettre de faire comprendre leur point de vue sans tomber toutefois dans l’auto-voyeurisme patenté (employez « attention whorism » pour paraître à la mode ou « drama queen »).

Je pourrais vous parler d’un anniversaire non fêté parce que les gens n’ont pas le temps ou ne font pas l’effort. Bien que ce ne soit pas le mien (d’anniversaire), on peut imaginer la surprise et la déception de la personne concernée. Épisode d’autant plus douloureux qu’on demande à la personne un peu ignorée d’organiser chez elle l’anniversaire surprise d’une amie d’amie.

Je pourrais vous parler du plan social vécu en 2017 avec la fermeture complète de mon bureau lyonnais et du départ de tous les collaborateurs présents, soit une vingtaine de personnes (et d’une autre dizaine sur Paris). Plan social européen concernant donc de nombreux pays, visant à renvoyer des centaines de collaborateurs et à encore fermer des bureaux. La santé financière de l’entreprise n’est pas en cause, je vous rassure. Mon ancien employeur dégage depuis de nombreuses années un CA de plus de 20 milliards d’euros avec 2 à 5 milliards de bénéfice net après impôts. Le département des Ressources Humaines s’est employé par tous les moyens à réduire l’offre du plan social, ironiquement appelé Plan de Sauvegarde de l’Emploi, la novlangue a bel et bien gagné en France, à traiter les salariés comme des ennemis, alors qu’ils sont les victimes. La fidélité et le travail effectué sur plus de deux décennies n’ont pas compté.

Figurez-vous qu’après m’avoir tutoyé pendant plus de 15 ans, les deux représentantes RH me vouvoient maintenant. Et oui, un statut, ça se mérite. Bonjour le niveau d’empathie. Et dire que je dois encore avoir affaire à ce département, incapable d’aller récupérer mes lettres recommandées avec accusé de réception. A 5,20 € la lettre, ça commence à coûter cher. Peut être faut-il que je prenne ma voiture direction Paris pour leur remettre en main propre ?

A ce propos, voici une lecture éclairante sur certaines pratiques RH de notre époque, DRH : la machine à broyerde Didier Bille. Ça m’a rappelé tellement de choses entendues et vécues. Je me demande ce que ça fait d’être la personne qui soutient et enclenche les pires actions à l’encontre des collaborateurs de l’entreprise. Est-ce que la personne se rend compte des choses le matin en se regardant dans le miroir ? Cela reste un mystère humain complet pour moi…

Pour terminer, je pourrais vous parler d’un concert le dimanche 11 novembre dernier où j’avais prévu d’emmener mon fils de 5 ans écouter et voir Aldebert. Fatigué et malade ce week-end, mon fils n’était pas en état d’y aller.  Par simple curiosité, j’envoyais un e-mail a Digitick (nom du site internet vendeurs de billets) en expliquant mon cas afin de savoir si un geste pouvait être fait à titre commercial pour ces deux billets d’une valeur de 60 € (un remboursement même partiel, voir un bout d’avoir). Que nenni. La réponse fut un copié-collé de quatre pages des conditions des ventes. Ni plus, ni moins. Pas de « désolé pour vous » ou « je comprends votre souci mais on ne peut rien faire ». Zéro compassion. Une réponse de robot.

La conclusion que j’en tire, c’est que la compassion n’a plus trop sa place dans notre société.

Deux solutions possibles : se battre contre vents et marées ou laisser passer les choses. Je n’ai pas encore choisi.

Déjà 5 avis pertinents dans La compassion est-elle soluble dans le business ?

  • Et justement c’est un element de plus dans le mal être ambiant, la perte d’humanite de tous les services notamment ceux de l’etat. Comme quand suite à une erreur je n’ai plus eu de compte à la sécu et que j’ai du attendre 5 mois en avançant tous les frais….pas une excuse, pas une explication du bug et je n’etais pas.le.seul.
  • philgra
    « se battre contre vents et marées ou laisser passer les choses», c’est entre les deux, la dignité, ou une question de survie, comme ont choisi vos représentants RH.
    Je me rappelle, il y a presque vingt ans, pendant une antépénultième restructuration, avoir déclaré au directeur financier ou du personnel (je ne sais plus), « il n’y a que la direction qui change »; Ils ne sont plus là, moi toujours… (mais pas riche).
    Ce qu’il faut surtout, c’est garder de l’empathie (pas forcément de la sympathie) pour les collègues, ils vous le rendront.
    Bon courage…

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