Exigences, possibilités, peine

Je pense faire partie du Libre car j’y contribue. Simultanément c’est parce que j’y contribue, que je m’en éloigne et que je vais m’en éloigner de plus en plus.

Je tiens beaucoup au Jdh, c’est une part de moi. S’investir dans un projet ce n’est pas que contribuer (par du code par exemple), c’est plus basiquement passer du temps dessus, résoudre les problèmes, répondre aux questions, communiquer. Plus on passe du temps sur un projet, plus on s’y attache personnellement. On s’investit dedans, on y met une part de soi.

Un jour arrive où le projet nous dépasse, il atteint une masse critique désignant une réussite mais surtout il apporte quelque chose, il répond à un besoin ou résoud un problème. Cette masse critique impose qu’on ne doit plus réfléchir en terme d’équipe (les quelques contributeurs derrière le projet) mais en terme de communauté. Que souhaite la communauté ?

D’un côté on doit écouter sa communauté car le projet est destiné à être un commun (appartenir à tous), d’un autre côté on a toujours que quelques (très) gros contributeurs qui naturellement veulent avoir leur mot à dire. Le projet fait partie d’eux et eux font le projet.

Prenons un exemple. Quand je vois cet article sur le Jdh, j’ai envie de le supprimer. Je ne le fais pas, il faut respecter l’opinion de chacun. Ensuite me vient l’idée d’aller expliquer pourquoi c’est n’importe quoi dans les commentaires. J’ai un mouvement de recul, je prends tout cela trop à cœur. Oui, évidemment. On veut toujours le meilleur pour ce(ux) qu’on aime(nt) mais on ne peut forcer personne à nous écouter, à suivre nos conseils. Il faut savoir lâcher prise.

La communauté veut, 3 pèlerins réalisent. Quand on parle de ce problème, on se rend compte que ça touche quasiment tous les projets. Les exigences des utilisateurs sont loin des possibilités des contributeurs.

Ces exigences pèsent sur les contributeurs alors même que la vision et réalisation qu’ils ont du projet divergent de ce que désire la communauté. Double peine.

Déjà 12 avis pertinents dans Exigences, possibilités, peine

  • j’ai vu cet article et je voulais le commenter, cela faisait longtemps que je n’avais pas dû faire un tour dans Google pour trouver la traduction d’un terme. SJW … C’est une vraie réflexion de fond, l’accessibilité d’un article. J’ai conscience que j’emploie du vocabulaire que tout le monde ne peut pas comprendre mais d’entrée de jeu, dès le titre, il y a quand même quelque chose de magique dans la discrimination culturelle. Pour le reste, ben faut faire comme les anciens, retraite !
  • Et puisqu’on parle de vocabulaire, j’ai eu un videotchat de mon big boss la semaine dernière. Il parlait qu’à son entourage avec des termes incompréhensibles, des néologismes, des anglicismes que même les anglais ne comprennent pas, du vent sauce management et marketing. Le debriefing (euh en français c’est ?) dans le service n’a pas été tendre… un mal général.
  • Communauté ne veut pas dire commun. C’est même tout le contraire ! Sociologiquement, les communautés détruisent le « commun ». Cela est vérifié par l’Histoire et ça se conjugue aussi au présent. Tu fais un contre-sens, à l’image de la majorité de tes compères. Tu confonds cooptation, collectif, commun et communauté.

    Sinon, l’article que tu cites est tout bonnement excellent et décrit assez bien le « botulisme » intellectuel qui a envahi le logiciel libre. Il corrobore assez bien l’idée de la cette police de la pensée qui contamine l’ensemble de la société. Et le logiciel libre ne déroge pas à la règle.

  • Il faudrait que tu prennes le temps de le démontrer que cet article est de mauvais foi. Or, jamais, dans ce que tu écris, tu ne l’as fait !

    Concernant les communautés et l’Histoire, j’ai besoin de te donner des exemples ??? M’enfin !!! ;+) Là, c’est de la mauvaise foi de ta part.

  • Pierre
    Je ne suis pas d’accord avec le fait qu’un projet doit forcément faire ce que sa communauté veut. On peut créer un projet avec une vision et le mettre à disposition de tout un chacun tout en gardant pleinement le contrôle sur l’évolution de celui-ci. Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas être à l’écoute des utilisateurs qui auront des revendications légitimes et des suggestions pertinentes mais l’utilisateur connaît rarement les tenants et les aboutissants d’un projets, ses contraintes, ses limites, la disponibilité des ressources, etc.
  • Tu ne fais aucun effort, c’est clair ! ;+) Et je t’avoue avoir d’autres chats à fouetter, que de me perdre dans des débats sans fin et sans fond.

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