L’exemple du lanceur d’alertes ou la reformulation du monde par le pouvoir économique

Suite au billet de Cascador sur Mon internet est mort, je tombais sur le commentaire d’Erwann sur l’information, sa vitalité, sa transmission et le journalisme en général.

Je partage complètement l’analyse d’Erwann sur le journalisme actuel en général. Le journalisme de commentaires nous inondent, il suffit de compter le nombre de journaux gratuits distribués devant les bouches du métro, sponsorisés par des groupes industriels type Bolloré, et le nombre de chaines télé disponibles actuellement.

Déjà, elles n’ont pas toutes vocations à informer mais à divertir. Il faut faire un premier tri.

Quant à celles qui veulent nous informer, il suffit de regarder le casting des éditorialistes invités, des experts patentés qui viennent vendre leur savoir en direct tous les jours. Il serait très intéressant de connaitre par exemple les fiches de salaires des experts de C dans l’air ou de certains économistes officiant sur France Inter par exemple, afin de savoir qui les paie, quels groupes financiers ou cabinets conseil les emploient.

Je serais curieux également de connaitre le salaire mensuel de ces personnes « expertes » de l’entreprise, du travail des 66 millions de Français, du libre échange et du libéralisme en général. Il est toujours plus facile de donner des conseils d’austérité, de coupes budgétaires publiques quand on gagne 8 000 euros par mois en siégeant dans des conseils d’administration privés.

Quelle légitimité ont donc ces personnes dispensant la bonne morale publique auprès de l’ensemble des citoyens ? Aucune sauf celle des accointances et des connivences avec le pouvoir économique car c’est le pouvoir économique qui donne la parole et distribue les bons points à ceux qui parlent.

Aujourd’hui, nos sociétés actuelles ont inventé le concept de lanceur d’alerte alors qu’il ne s’agit, révélation vous allez voir, uniquement que de citoyens concernés, de journalistes faisant leur travail de base. Bref, des personnes intéressés par l’intérêt général, c’est-à-dire le bien être du plus grand nombre, ou par l’émergence de la vérité.

Le pouvoir économique a écrasé toutes les valeurs et les a recrachées sous des formes perverties, qui arrange son propre agenda :

  • le travail est libérateur et fondateur alors que c’est une forme d’asservissement, certes volontaire et qui peut se passer correctement entre un employeur un salarié, mais on ne peut nier le rapport de subordination qui est au coeur de cette relation.
  • le chômage est devenu l’assistanat alors que c’est un droit pour lequel chaque salarié cotise tous les mois quand il travaille. Si après 20 ans de travail, quelqu’un est au chomage 18 mois, c’est son droit le plus absolu. Il y a souscrit au préalable. Ca n’est pas la peine de venir l’insulter pour l’usage qu’il en fait. D’ailleurs, si l’Etat devait diminuer, voir abroger l’indémnisation chômage, me remboursera-t-il les milliers d’euros de cotisations qui n’auront plus de transformations futures en chomage ?
  • le droit à l’information est vanté alors qu’il se transforme le plus souvent en publi-reportage pour vendre quelque chose. On s’appuyera d’ailleurs sur la peur ou l’émotion pour tenter de vendre encore plus et non sur la raison ou l’intelligence des gens.
  • le lanceur d’alerte est poursuivi alors qu’il n’est qu’un citoyen normal, engagé par et dans la société dans laquelle il vit, c’est-à-dire concerné par le bien commun et la transparence.

Voilà où nous en sommes rendus…

Le lanceur d’alertes est bien sur systématiquement poursuivi par le pouvoir économique car il met à mal les profits actuels et à venir de l’entreprise et du marché. Empêcher une entreprise de s’en mettre plein les poches en volant et mentant est devenu un acte répréhensible. Antoine Deltour en est le symbole le plus frappant, il est poursuivi pour avoir révélé l’un des plus gros scandales financiers en Europe. Mais on peut aussi rappeler l’histoire de Denis Robert.

Internet et le journalisme sont un peu cassés. Je partage ce constat mais il existe des îlots de résistance parmi les médias  et quelques fois mêmes dans des médias de masse aux mains du pouvoir économique. C’est à nous de faire le tri avec nos sources d’informations. Il faut faire appel à notre esprit critique et soutenir ceux qui valent la peine, en les lisant, en partageant leurs informations et leurs travaux, et en les finançant quand on le peut.

  • Damien

Damien

A propos de Damien

Les thèmes qui me sont chers sont le respect de la vie privée, la démocratie au sens littéral, le logiciel libre et la philosophie qui en découle.

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