l’éthique du logiciel libre et le minimalisme

J’aurai pu titrer « hacker sa vie », un peu comme l’a fait Magnier avec son corps. C’est en lisant des posts et des commentaires sur Diaspora* qu’est venue l’idée d’écrire ce billet.

Le sujet : reprendre le contrôle de sa vie en fuyant les idées dominantes imposées par notre société de consommation. Se simplifier la vie,  la changer et tenter de la rendre meilleure.

Quoi de mieux que de suivre les principes du logiciel libre ou du minimalisme pour avancer dans la vie ?

L’idée, une fois de plus, n’est pas de juger autrui mais d’exposer mes idées et mes pensées.

S’alimenter

Ma réflexion concernant la nourriture a démarré depuis un moment et n’a pas encore totalement abouti, je pense particulièrement au régime végétarien.

Au quotidien, j’ai banni les plats préparés, les boissons et sodas artificiellement sucrés (coca, orangina, sprite…) depuis de nombreuses années.

Pour les légumes, c’est bio 90% du temps et le reste est acheté sur le marché du samedi matin auprès d’agriculteurs locaux.

Concernant la viande, j’ai levé le pied sur ma consommation. Je dois en manger une fois par semaine à peu près. De plus, quand j’en mange, je peux me fournir auprès de ma famille à la campagne qui élève quelques bêtes dans de bonnes conditions (une viande nourrie, élevée et tuée correctement). Ça n’est pas pour cela que j’en mange plus. J’aime la viande, c’est sur, mais pas à n’importe quel prix. Et par prix, je veux parler du véritable prix final :

  • traitement correct de l’animal, lors de sa vie et de sa mort, ce que l’élevage industrielle n’assure plus. On trouvera sur le net de nombreuses révélations sur l’infâme traitement infligé aux animaux
  • antibiotiques massivement donnés aux animaux qui ensuite réduisent l’effet des antibiotiques que nous prenons pour lutter contre des infections sérieuses nous touchant
  • 1 kg de viande = 7 kg de cereales + 15 000 litres d’eau gaspilles. Relisez ces chiffres, c’est une pure aberration mentale de continuer comme ça.
  • pollution de nos nappes phréatiques par les déjections animales

Bref, une liste interminable de problèmes crées par la consommation de masse de la viande, où chaque personne veut en manger deux fois par jour.

Il y a, je pense, tout un modèle de pensée à revoir de fond en comble concernant notre nourriture. Je conseille la lecture de « Faut-il manger les animaux ? » de Jonathan Safran Foer pour avoir un constat sur notre façon de traiter les animaux.

 

S’habiller

J’avais abordé dans mon précédent blog, le problème de la mode et de son modèle. Je n’ai pas changé d’un pouce sur le sujet. La mode est une industrie : elle est là pour vendre, vendre et vendre encore. C’est l’un des pires modèles d’obsolescence programmée. A écouter la presse spécialisée, il faudrait changer sa garde-robe à chaque saison, soit tous les 3 mois. Là encore, cette façon de penser est à fuir.

Je déteste entendre les gens se moquer d’untel parce qu’il n’est pas à la mode ou qu’il s’habille bizarrement (comprendre être un loser). La presse de mode a endoctriné des générations de gens et le lavage de cerveau inverse s’avère compliqué.

De plus, je choisis des vêtements sans logo, ni marques repérables : je ne suis pas un panneau publicitaire.

 

Se déplacer

J’ai la chance d’habiter dans une grande agglomération (Lyon). Cette ville est très bien desservie par les transports en commun. C’est donc mon outil de déplacement numéro 1.

Pour les déplacements hors agglomération, je loue des voitures. C’est un choix de ne pas avoir de voiture personnelle, chose possible uniquement si on habite en ville, j’en suis bien conscient. J’évite les problèmes de stationnement, les coûts d’achat, d’entretien et d’assurance. Inversement, je n’ai pas la flexibilité d’usage d’un véhicule: je dois réserver le véhicule à l’avance et me déplacer pour le récupérer et le rendre. C’est la règle du jeu de notre système capitaliste… J’ai également choisi avec attention l’emplacement de mon domicile afin de ne pas être trop loin des loueurs de voitures. La location coûte entre 40 et 60 euros en général pour deux jours et je loue une à deux fois par mois. Si je le loue tard ou au dernier moment, je paie plus cher.

Là encore, il faut lutter contre un modèle de pensée dans lequel la voiture a été placée au centre de notre modèle occidental de consommation. « La voiture, c’est la liberté » est un message qu’a imposé la société. Oui mais pas uniquement. C’est aussi un gouffre financier qui perd de la valeur chaque jour qui passe et est un souci écologique lors de sa fabrication, son usage et lors de sa fin de vie. Pour ma part, c’est un outil pour aller d’un point A à un point B. Ce n’est ni un objet de réussite sociale, ni un objet de vantardise. je n’ai aucun affect, je ne projette rien dans cet objet. Tant que je peux m’éviter d’en être propriétaire en étant dans une grande agglomération, je continuerais dans cette voie.

 

S’informer

S’informer dans ma jeunesse n’a jamais été un enjeu pour la simple raison que je n’avais pas de conscience politique personnelle. Je suivais le flot. Les médias classiques me suffisaient également : la télévision et la radio.

Puis est venue une curiosité personnelle. Je ne sais pas trop comment d’ailleurs. Je pense que la découverte de Charlie Hebdo et du Canard Enchainé, à l’époque, a beaucoup joué. Ces lectures m’ont sorti de mon imbécilité heureuse, de la mollesse du milieu familial, amical et professionnel ou tout n’était que conformité au modèle culturel et social local (franchouillard ?).

Ce sont aussi des rencontres qui m’ont fait évoluées, en sortant de ma bulle filtrante, celle composée des amis proches pour aller vers l’inconnu et des gens qui pensent et vivent différemment. Je pense particulièrement à deux personnes qui m’ont définitivement ouvert l’esprit. J’avais intégré un modèle bien convenu : Monsieur-Madame, les 2,6 enfants à faire, la maison individuelle, le canapé en cuir, le chien, la balançoire dans le jardin et la niche du chien (clin d’œil à Coluche).

Bref, j’ai fait un pas de coté et j’ai regardé ce qui passait ailleurs. Et j’ai également regardé ce que j’étais à ce moment là mais c’est un autre débat.

  • J’ai commencé par éteindre la télévision. Ça fait maintenant 16 ans. C’est une libération. D’abord en temps libre pour faire des choses bien plus intéressantes et être moins passif. Cela vous libère de la publicité et de l’imposition d’un modèle de consommation consumériste et vile du « toujours plus » avec toutes ces pubs racoleuses de femmes à moitié nue pour vendre des sodas ou de gens ultra beaux aux volants de 4×4 rutilants et brillants. Ne pas faire partie de ca, c’est être classifié comme un perdant ou un raté. Ce monde irréel vendu par la publicité rend les gens malheureux de ne pas posséder plus ou de ne pas en être, il faut courir après l’argent et les biens matériels, telle est la leçon de la télévision et de ses acolytes, la publicité et l’obligation de consommer. J’ai dit stop à ça.
  • Je ne lis plus les journaux gratuits et payants qui appartiennent a des banques, des vendeurs d’armes ou des multinationales. C’est de la propagande pour les politiciens et les affairistes, tout ce petit monde se soutenant les uns les autres pour rester en haut de la pyramide alimentaire.
  • Ma source d’informations de référence : Mediapart parce que ces journalistes sont indépendants et qu’il n’y a pas de pub sur leur site. Parce qu’on sait à l’avance que s’ils sortent un truc, c’est qu’il y a baleine sous gravillons et que les mecs concernés vont transpirer. Tenez, faisons un comparatif : combien d’affaires ont sorti TF1, BFMTV, RTL ou Europe 1 ces 20 dernières années ? Aucune. Journalisme de commentaires contre journalisme : pour ma part, j’ai choisi qui soutenir.
  • Je m’informe le matin en une vingtaine de minutes sur le site généraliste Le Monde. Ça me permet de faire un tour d’horizon rapide des news. C’est le côté pratique pour avoir les gros titres. Si je travaille de la maison, c’est systématiquement France Culture : pas de publicité, des gens qui parlent longtemps, sans être interrompu, ce sont des choses que je recherche. J’éteins si le sujet abordé ne m’intéresse pas.
  • Je suis sur Twitter et Diaspora*, les réseaux sociaux pour suivre les bons mots et les vannes sont ma grande faiblesse. Tout de même, certains profils m’intéressent pour leur approche éditoriale ou culturelle. Je pense à des gens comme Histony, Benjamin Bayart, Thomas Guenole, Guillaume Champeau, Jeremie Zimmermann, les copains blogueurs (libristes ou pas) ou des associations comme Anticor. Je pense bientôt me couper de Twitter mais ça n’est pas encore fait. Il faut réaliser que les réseaux sociaux en général nous volent du temps. Un temps précieux perdu à titre personnel à participer à fournir du contenu, donc des dividendes et du revenu, à des multinationales commerciales. Il faut que je résolve ce que j’estime être un  problème :)

Ca fait longtemps que ce billet somnolait en brouillon et je suis content de l’avoir finaliser. J’espère qu’il vous aura plus malgré sa longueur. J’avais du mal à rebloguer dernièrement mais une fois lancé, je ne m’arrête plus ^^

Voici donc ma recette maison pour conjuguer l’essence même du logiciel libre, « utiliser, copier, modifier et partager » et la recherche de minimalisme au quotidien, « sobriété et simplicité, contrôle raisonné de sa propre consommation, aller à l’essentiel ».  En espérant que cela vous inspire quelque chose :)

Si vous avez des sites à conseiller, faites vous plaisir dans les commentaires.

– Damien

Déjà 9 avis pertinents dans l’éthique du logiciel libre et le minimalisme

  • Salut Damien,

    Merci pour ton retour d’expérience, après sa lecture il y a quand même une question qui trotte dans ma tête : que veux dire pour toi « tuée correctement », peux-tu développer ?

    Merci d’avance, à la prochaine !
    Mathias

  • Xavier C.
    > Tenez, faisons un comparatif : combien d’affaires ont sorti TF1, BFMTV, RTL ou Europe 1 ces 20 dernières années ?

    Quelques unes…. suite à des révélations de Mediapart, probablement pour ne pas se griller.
    Par contre l’abo à Mediapart n’est vraiment pas donné.

  • Jean Bambois
    Bonjour, très bon article, mais je bute sur la section ‘s’informer’.
    La télévision et la radio sont des médias passifs, et c’est une qualité (si, si) car ils imposent les sujets et permettent de comprendre la culture dominante.

    Se couper de l’information car on ne l’apprécie pas, c’est justement s’enfermer dans une bulle…

  • Fred
    «conscience politique personnel»

    «personnelle »serait mieux ;)

    Utilise Grammalecte pour corriger tes textes (sur Firefox, LibreOffice, et aussi ailleurs je crois), c’est un autre bon logiciel libre!
    Fred
    (tu peux effacer ce commentaire)

  • Christophe
    Merci pour ce billet. Je me retrouve pas mal dans ce que tu as dit.
    Il y a en effet quand on est jeune cette « imbécilité heureuse », pour reprendre tes termes, où le mode de pensée et parfois la vie aussi, sont bien définis et on ne prend pas la peine de regarder ailleurs.

    Christophe

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