Du sens

L’informatique m’exaspère ces derniers temps. Je sature de voir autant d’incompétences, de mensonges, d’hypocrisie. J’en ai marre de voir parler de logiciels quand on devrait parler d’utilisateurs, marre d’entendre le mot progrès adossé à « si c’est nouveau c’est mieux », marre de voir les entreprises protégées et les utilisateurs à poil.

L’informatique asservit. Combien de personnes arrivent à se servir de leur ordinateur, smartphone, du net, des réseaux sociaux ? Combien de personnes comprennent les enjeux (intelligence artificielle, objets connectés, blockchain, automatisation, vie privée, big data) ? Tout le monde est largué. Tout le monde.

Le lecteur critique me fera remarquer qu’on n’a pas besoin de tout connaitre pour se servir des outils informatiques qui nous entourent. Non on n’a pas besoin… c’est ainsi qu’on passe à côté des conditions générales d’utilisation, de la surveillance, de la trahison des outils qu’on utilise, du fait que les GAFAM sont tout-puissants (1 ,2).

Mes deux dernières interventions au boulot c’était pour appuyer sur le bouton HDMI-2 permettant à un utilisateur d’envoyer sa présentation sur le vidéoprojecteur et effacer les cookies sur un Firefox qui refusait de se connecter sur Gmail. Des gens que je respecte, certainement pas des imbéciles. C’est ça le niveau d’un utilisateur moyen face aux gigantesques torrents de nouveautés et de savoirs nécessaires pour surnager dans l’informatique.

Alors je cherche. Je cherche désespérément une solution, qui va aider l’utilisateur ? Les entreprises prennent l’utilisateur pour un client (De l’aide ? Souscrivez au support). Les politiques sont absents du sujet et/ou totalement dépassés. Tant de ceux qui possèdent le savoir écrasent au lieu d’éclairer.

Finalement il n’y aura personne d’autre que l’informaticien sympa du coin ou une association pour aider l’utilisateur. On en est réduit à ça. C’est dramatique. J’ai l’impression que peu de personnes s’en rendent compte, moi c’est seulement maintenant que j’accepte cette réalité, que je la digère. Notre responsabilité est énorme. Simultanément ça signifie que c’est nous qui distribuons les cartes, qui choisissons comment on veut faire l’informatique. Je veux de l’humain, de l’accueillant, du partage. Faire sens, s’inscrire dans une démarche, accueillir.

Dans Faire il y avait déjà la marche à suivre : « Il importe de faire le monde que nous voulons, beaucoup plus que de lutter contre le monde que nous ne voulons pas », « Entre l’opposition et la proposition, la seconde draine souvent plus d’énergie féconde que la première ».

Déjà 20 avis pertinents dans Du sens

Bonjour
Je vois plusieurs chose dans cet article. Il y a déjà le fait que l’on ne cherche plus à se dépanner, à faire soi même. Ensuite on se dit qu’il aura toujours ce quelqu’un qui aide, la bonne poire, etc…

Et puis personne ne lit plus rien des clauses et s’etonne après des problèmes et conséquences derrière.
Effectivement on a du raté un truc dans l’éducation quelque part. Mais ça n’a pas l’air qu’en France

    Salute,

    « l’on ne cherche plus à se dépanner, à faire soi même » –> Il faut préciser que ça devient quand-même de plus en plus difficile et dans tous les domaines (ménager, auto…). Il faut du matériel spécifique, il faut respecter la licence, il y a de l’électronique, il faut trouver la pièce et savoir la changer…

    « Et puis personne ne lit plus rien des clauses » –> Je ne sais pas si tu as suivi le lien dans l’article (https://theconversation.com/cliquer-sur-installer-linacceptable-prise-dotage-de-1-72-milliard-dinternautes-66611), est-ce que réellement ces clauses ont été lues à une époque ? Je n’en suis pas convaincu, trop long, trop complexe parfois (souvent ?) en Anglais.

    Tcho !

Excellent ton petit article : tu appuis juste là où il faut ! Bravo :)
je n’ai pas pu m’empêcher de rediffuser / republier ce billet
& 2 des « liens » communiqués …
sur framasphère, bien sûr, mais également dans certains de mes blogs !
    Salute,

    A la relecture de ton article (que j’avais déjà lu), il faut un changement de société en réalité. Il y aurait tellement de choses à dire sur ce sujet, je vais juste lancer une réflexion, est-ce qu’on prépare les élèves à rentrer dans la vie active ou à devenir des citoyens ? On les prépare pour le boulot malheureusement pas à participer à la vie démocratique de leur pays en étant des citoyens éclairés.

    Tcho !

Salut !

« marre d’entendre le mot progrès adossé à « si c’est nouveau c’est mieux » ».

Suivant la formule consacrée, je plussois. Il est inutile d’opposer une résistance à la nouveauté, aussi idiote soit-elle, sous peine de se faire taxer de « c’etait mieux avant -iste ». L’arrogance du contemporain est sans limite, comme si sa seule présence suffisait à rendre le monde meilleur.

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