l’esprit du logiciel libre

Je viens de croiser en une semaine 3 reflexions sur le logiciel libre qui m’ont interpellées.

La première est issue du blog de Fred Bezies intitulée C’est officiel : le logiciel libre est devenu une religion. La seconde est un post sur Diaspora* de C abernet138 qui reprend une discussion ou un passage de blog. Et la troisième est d’un billet d’Iceman.

Ces écrits concernent l’approche des uns et des autres autour le logiciel libre. Et je pense que certains semblent avoir perdu le sens des valeurs du logiciel libre.

Je ne comprends pas pourquoi on reproche à certains utilisateurs de suivre précisément les règles du logiciel libre. Surtout en les insultant d’intégristes, ce qui remplace allègrement le point Godwin. Donc ça ne fait pas avancer le débat.

Est-ce qu’on insulte les végétariens d’être intégristes parce qu’ils suivent un régime végétarien ? Certains suivent la voie du logiciel libre. Point. Quoi de critiquable là-dedans ?

Si vous désirez utiliser Libreoffice dans Windows ou JavaScript dans votre navigation sous GNU/Linux, il faut accepter d’entendre dire que vous n’utilisez pas une technologie 100% libre. C’est la vérité dans les deux cas ci-dessus. Est-ce que c’est bien ou mal, ce n’est pas mon propos du tout en fait. J’insiste, je ne juge pas les usages. Je vais par contre juger les réactions à ces comportements. Les mots sont importants.

Est-ce que Carré blanc sur fond blanc de Malevitch serait le même avec une tâche de noire déposée en son centre ? Non, bien sur que non.

Mon propos est de dire que vous ne pouvez pas vous revendiquer libriste si vous ne l’êtes pas vraiment, tout comme vous ne pouvez pas insulter ceux, qui eux, le sont vraiment ou veulent l’être. Après tout, chacun son chemin. On peut être sympathisant libriste, c’est déjà pas mal.

A titre personnel, je ne suis pas un libriste : j’utilise du libre à 60-70%. J’admire et approuve ceux qui y arrivent. Je ne les mets pas dans la case bobo ou intégriste mais dans la case activiste. Activiste car le logiciel libre est une philosophie et un combat politique.

dans la situation actuelle, point de liberté

Nous sommes aujourd’hui dans une situation technologique et numérique anormale : notre liberté est réduite et contrainte par autrui. En l’occurrence, des sociétés commerciales imposent ou essaient toujours plus d’imposer leurs formats et leurs outils pour nous contrôler et contrôler encore plus nos outils, notre navigation internet, traquer nos données privées, renifler nos emails, voler les contacts de  notre agenda… etc.

La position à retrouver est celle de la liberté. Liberté de protéger sa vie privée, de contrôler ses outils et surfer sur internet sans vendre son âme.

Si vous reprochez à autrui de vouloir retrouver sa liberté, vous êtes dans une démarche étrange moralement, de mon point de vue, et  insulter cette personne dans sa recherche de liberté est une erreur, une inversion des valeurs.

Stallman a adopté un comportement vertueux vis-à-vis des technologies : il veut les comprendre, les modifier et les utiliser à sa guise. L’insulter d’intégriste est d’une bêtise sans nom. Il ne force personne, contrairement à ceux qui nous dominent, les GAFAM, ces grandes multinationales commerciales, prêtes à tout pour s’enrichir. Il encourage une pratique. A vous de vous renseigner, d’adhérer ou pas à sa pratique.

Pouvons-nous dire que Gandi ou Martin Luther King sont des intégristes parce qu’ils n’ont pas suivi l’histoire imposée par les dominants de leur époque, parce qu’ils ont résisté à une oppression ?

pragmatisme, facilité des faibles ?

On parle d’améliorer « l’expérience utilisateur » par pragmatisme : parlons plutôt de facilité, dans l’acception la plus faible, sous entendu parce que je ne veux pas me prendre la tête, parce que je cède un bout de ma liberté par confort. Par facilité, nous escamotons nos vies privées, nos données et notre intimité. Stallman est radical dans son approche, pas intégriste. Là encore, les mots ont leur importance. Il est radical dans son comportement. Il serait intégriste s’il jugeait les autres et forçait toute le monde à faire comme lui. Ce qui n’est aucunement le cas.

De mon côté, je plaide également coupable. Je ne suis pas meilleur que vous dans mon comportement numérique par moment…

Or aujourd’hui, les entreprises commerciales se sont appropriées le libre et en font un argument à la mode. Oui, internet tourne grasse à des serveurs basés sur du libre mais le libre grand public est quasi inexistant. Oui, Libreoffice est utilisé par certaines administrations ou villes en Europe mais c’est plus souvent par gain de coût que par idéologie.

Les commentaires de Magic Banana (1, 2, 3, 4, 5 etc…) et de Nicolas Epsilon (1), font du bien et prolongent ma réflexion sur le libre. Quel calme et placidité dans leurs réponses, en totale opposition avec d’autres  »défenseurs » du libre comme on peut les lire dans les 2 premiers liens que je cite.

ne pas confondre fait et jugement

Si dire qu’un logiciel est fermé, non consultable et non modifiable est un jugement de valeur alors il y a un problème de français, de compréhension de la langue. Dire qu’un logiciel est privateur (fermé, non consultable, non modifiable) est un fait vérifiable, une réalité.

Lire que nos postures sont idiotes (allez, je me hisse au niveau de Magic Banana et Nicolas, même si je ne pense pas être à leur niveau), que ce sont des batailles de clochers et que ces discussions ne valent pas la peine, alors oui, je me dis qu’avec de tels défenseurs le logiciel libre ne dispose pas d’un extraordinaire avenir.

Pour terminer, si le mot privateur ne veut rien dire pour les gens, c’est bien là l’essence même du problème. Et c’est certainement par là qu’il faut commencer.

– Damien

Déjà 36 avis pertinents dans l’esprit du logiciel libre

  • Il est radical dans son comportement. Il serait intégriste s’il jugeait les autres et forçait toute le monde à faire comme lui. Ce qui n’est aucunement le cas.

    Le fait est que Stallman juge parfois les gens. J’ai lu des trucs qu’il a écrit, c’est pas joli… Je trouve ton texte assez juste en ce qu’il pointe que personne ne devrait juger mal une personne qui cherche à maîtriser son logiciel/matériel.

    Mais est-ce vraiment possible ? Tu me taxera de pragmatique (tu auras raison) donc de faible (là je ne pense pas), mais une personne qui n’utilise vraiment que des outils libres ne peut pas faire grand chose aujourd’hui. Ces outils sont certes privateurs, mais ils facilitent la vie, et donc te libèrent par ailleurs.

    Un smartphone Android (pas vraiment libre, on est d’accord) est quand même utile pour organiser sa vie. Les premiers téléphones mobiles n’étaient pas libres. Donc déjà, pas de téléphonie libre, on est d’accord (bon, ouais, y a FFOS, mais j’y crois pas en ce moment, ainsi que je l’ai dis sur le site de Cyrille. Il y a Jolla, mais on ne peut pas acheter actuellement. Reste Ubuntu phone, pas d’info dessus) ?

    Idem du reste du matériel grand public (ce que tu pointe aussi).

  • pololasi
    Merci pour ce billet clair et tolérant. Je pense la même chose que toi et comme toi je ne suis pas intégralement libriste mais je ne ressens pas le besoin de traiter les libristes d’intégriste.
  • Fais comme moi : RAF du Libre :)
    L’égoïsme, un art de vivre pas assez mis en avant :D
    J’utilise LibreOffice parce que ça va plus vite à télécharger/installer que MSO cracké.
    Et que MSO n’existe pas sous Linux.
    J’utilise Linux parce que je suis obligé par l’obsolescence de mon matériel principal.
    Le jour où j’ai ouvert un compte en banque, ma Liberté de vivre comme bon me semble s’est fait défoncer la tronche alors bon… Bah oui ma banque me piste mieux et plus souvent que Google and co.
    Je mens à Facebook sur ma vie réelle, donc la valeur des infos que je donne est diminuée.
    Je ne peux pas mentir à ma banque.
    Après, que des gens essayent ou veulent défendre des liberté numérique, grand bien leur fasse.
  • C138
    Je résiste pas tellement c’est trop facile…
    « suivre précisement les règles du logiciel libre. »

    !? Quelles sont ces « __règles__ du logiciel libre » ? Une liste SVP ?

    Merci

  • Jolla est libre, tu est sure ?

    Pour ubuntu (GNU+Linux dans laquelle tu es root), si tu es dans le coin, passe ce week-end à la cité des sciences !
    http://ubuntu-paris.org on aura tél+tablette en libre accès et pourra répondre à tes questions

  • Bonjour,

    J’ai bien aimé ton article, il remet bien en place certaines choses (et j’aimerai bien qui soit lu par certaines personnes auxquelles j’ai en tête…)

    Cependant, j’ai un soucis avec ta version du mot « Libriste » qui me semble trop réductrice: qu’entends-tu par « libriste » ? Quelqu’un qui produit du logiciel libre (contributeur?), qui utilise du logiciel libre, qui n’utilise que du logiciel libre (utilisateur?), qui en fait la promotion/défense(activiste?), qui adhère simplement à cette idée (sympathisant?) … ? Si j’en crois les contributeur-ices de wikipedia ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Libriste ), être libriste n’a pas de rapport avec le fait de n’utiliser que du logiciel libre; alors peut-être qu’il manque des contributions pour mettre ça à jour, mais j’en suis pas sure personnellement.

    Librement,

    un activiste + libriste

  • Avez-vous un exemple de Stallman qui *forcerait* « tout le monde » (ou même juste « quelqu’un ») à « faire comme lui » ? Parce que, bon, « juger », je ne vois pas où est le problème. Tout un chacun est en droit de juger que je suis (ou que n’importe qui est) un « con » et l’écrire sur son blog ou le crier dans une vidéo. Il est même important que l’on puisse le faire. C’est la liberté d’expression.

    Je pense qu’il vaille la peine de préciser qui sont « les gens » que Stallman critique durement. Ce sont les développeurs de logiciels privateurs et ceux, autour d’eux, qui favorisent son adoption. Ces gens font du mal. Ils nient les libertés fondamentales de leurs utilisateurs. Ils doivent arrêter ! La critique est méritée de mon point de vue.

    Si vous trouvez un exemple (je ne sais pas si il existe) où Stallman critique de simples utilisateurs, ce seront certainement des utilisateurs qui, eux aussi, favorisent l’adoption du logiciel privateur. Probablement par effet réseau. Ceux qui utilisent Skype, par exemple, obligent leurs connaissances à, soit ne pas communiquer avec eux par vidéo-conférence (pas très sympathique), soit à installer ce logiciel privateur et spyware connu : http://www.forbes.com/sites/petercohan/2013/06/20/project-chess-how-u-s-snoops-on-your-skype/ et http://www.theguardian.com/world/2013/jul/11/microsoft-nsa-collaboration-user-data

    L’envoi en pièce jointe de documents MS Office est un autre exemple. La « Document Foundation » réalise un excellent (et très difficile) travail de rétro-ingénierie mais des problèmes persistent et persisteront toujours. Ces pièces jointes constituent donc une pression à l’installation de la suite bureautique privatrice de Microsoft (dans sa même version).

    Je n’utilise pratiquement que du logiciel libre sur mes machines (sauf le BIOS et, de temps en temps, l’exécution de JavaScript privateur). Je n’ai pas de téléphone portable. Et, ma foi, j’en fais des choses ! Je communique (courriel, Firefox Hello, Pidgin, etc.), je développe (en C++ principalement), je traite efficacement des fichiers texte (avec les commandes GNU : sort, grep, sed, awk, etc.), j’écris des articles scientifiques (en LaTeX) et des présentations (en LaTeX Beamer), je dessine de temps en temps des diagrammes (dans Inkscape), j’utilise des logiciels plus professionnels dans le cadre de mes enseignements (comme Maxima et Scilab pour mon cours de calcul scientifique; KNIME pour mon cours de fouille de données appliquée), je crée des QCM pour mes examens (avec AMC), je télécharge des films (notamment via BitTorrent) et les regarde, j’extrais des pistes audio et/ou convertis en Ogg pour mon lecteur de musique (qui fait tourner Rockbox), je joue un peu (Hedgewars, Neverputt, etc.), j’imprime, je scanne, etc. Rien ne me manque.

    Mais je ne nie pas que beaucoup n’ont pas ma chance et sont obligés d’utiliser plus de logiciel privateur que moi. Ils en sont victimes. Le libriste, dans ce cas, est une victime non-consentante. Mais il reste libriste. Être libriste ne signifie pas « ne pas utiliser de logiciel privateur » (c’est impossible pour beaucoup) mais plutôt reconnaître un problème social à son utilisation et chercher à y remédier. Bien sûr, cela passe par l’exemple et il faut rejeter le logiciel privateur dans la mesure du possible. Cela implique parfois des sacrifices.

    Je ne crois pas que Firefox OS ou Ubuntu Touch soient plus libres que CyanogenMod sans les applications Google. Ils utilisent tous des pilotes privateurs (bien pratiques pour espionner discrètement l’utilisateur, s’infiltrer dans son téléphone, etc.). La meilleure solution reste la mienne : ne pas avoir de téléphone portable. PaulK, le développeur principal de Replicant, ne dit pas autre chose. Mais voilà un exemple typique de choix que beaucoup de personnes ne peuvent pas faire. Elles sont victimes de leurs téléphone. Pour elles, le meilleur choix (avant CyanogenMod et, peut-être, Firefox OS ou Ubuntu Touch) est Replicant… si le téléphone est supporté : http://www.replicant.us/supported-devices.php

  • Mangy Dog
    Tout d’abord merci pour ton billet Damien ;-)

    Un point sur lequel il faut reconnaitre,malgré la fermeture du dialogue Fréderic Bezies a laissé les gens s’exprimer

    Il faut remonter au fil précédent qui a provoqué sa réaction
    http://frederic.bezies.free.fr/blog/?p=14462
    https://trisquel.info/en/forum/2-critiques-dun-bloggeur-la-gnewsense-4-et-la-parabola#comment-form

    Quand on me traite d’intégriste , de taliban,ou que je les empêchent d’être libre ainsi que je donne un mauvais exemple pour le logiciels libre
    alors qu’a aucun moment je n’ai chercher a les culpabiliser ou a porter un jugement mais ouvrir une discussion sur 2 distributions Libre
    (Parabola et gNewSense 4 ):une invitation a dialoguer avec nous. Ou il pouvait exprimer ses critiques.

    Enfin les commentaires se sont assagis a partir du moment ou les «  »je vous emmerde et te pisse a la raie » » était identifié comme d’un « autre blogueur »

    Leur manque d’arguments ou exemples concret ma surpris ou la faiblesse de l’argumentation.

    Il faut faire la différence entre des distribution Libre ou partiellement Libre avec ajout de logiciels privateurs
    l’argument avancé est la facilité d’utilisation sans se soucier des libertés des usagers.Ou des questions éthique que cela implique.

  • Je viens de relire le message auquel j’ai répondu. Je l’avais lu trop vite : il y est écrit justement que Stallman ne force « aucunement » toute le monde à faire comme lui. Nous sommes donc d’accord. Désolé.
  • Mangy Dog
    Je suis parfaitement d’accord avec toi.Il est important que chacun puisse s’exprimer et de mon coté c’est sans aucune animosité envers Frédéric Bezies (qui a fait auparavant des articles vidéos sur des distributions Libre(et d’autres) en étant correcte)
    un mauvais jour sans ça arrive a tous

    Le but était de répondre a des critiques fondées ou pas.
    Ce qu’a tenté Magic Banana (sur le greffon LibreJS)
    http://frederic.bezies.free.fr/blog/?p=14462#comment-28956

    Il y a trop d’articles et de blogs mentionnant le mot Libre a tout crin ( c’est plutôt francophone car les anglophones semblent faire mieux la distinction ) au lieu de Open-Source ou Propriétaire .Ils créent alors une confusions dans l’esprit des utilisateurs.

    Souvent une alternative Libre existe a un logiciel privateur et se servir d’un logiciel Libre aide la communauté a progresser de part la participation,rapport de bogues.

    Merci encore Damien

  • Juste une remarque en passant sur les commentaires. J’ai vu à quel point le cliché de l’université « fan du libre » est vérifié avec notre ami la banane magique. On sent la personne qui va jusqu’au bout de son raisonnement, mais je ne pense pas – sauf erreur – que la plupart des utilisateurs de logiciels libres vont jusqu’à utiliser LaTeX pour rédiger le moindre document.

    Je sais que le logiciel libre est né à cause d’une imprimante récalcitrante au MIT. Que Linux a été codé par l’étudiant qu’était Linus Torvalds en se basant sur l’OS universitaire qu’était Minix à l’époque.

    Il serait bien que le libre, l’open-source, l’opposé du non-libre (privateur est un mot guerrier à mes yeux) sorte de sa coquille universitaire par moment.

    Je suis aussi d’accord avec Gilles, car nombre de personnes ont commencé le libre ainsi.

    Ce qui m’a fait (sou)rire dans un commentaires, c’est le dialogue malgré la fermeture. Si on parle du billet où je considère que le libre est devenu une religion, c’est vrai que ne pas intervenir a permis de crever l’abcès entre deux clans. Ceux que j’appelle les « théoriciens » et les « pratiques ».

    Dans un monde idéal, les services comme les logiciels seraient libres et ouverts. Pour moi, la différence entre open-source et libre ressemble plus à de la maltraitance sexuelle de diptères qu’autre chose. Pour ne froisser personne, je préfère dire du logiciel FLOSS, ce qui englobe le tout.

    Ensuite, que mon navigateur soit sous GPLv2, mon archiveur sous GPLv3 ou mon gestionnaire d’impression sous licence BSD… Comment dire, je m’en contrebats les gonades, tant que ça fonctionne comme je l’entends.

    Tant que je garde le contrôle du matériel que j’utilise… Je sais que je vais faire bondir certaines personnes, mais désolé de le dire ainsi, j’utilise les logiciels qui collent à mes besoins. Je ne vais pas me restreindre dans mes activités à cause d’un manque de « pureté » d’un logiciel que j’utilise.

    J’utilise VirtualBox au lieu de KVM. Pourquoi ? Plus simple d’accès, et surtout un brin plus rapide à l’exécution. Il faut trouver le point d’équilibre entre confort d’utilisation et « pureté » logicielle.

    Ce sera le seul commentaire de ma part sur cet article.

  • Linux n’est lui-même pas libre à 100% Je ne sais pas ce qu’il en est de BSD. Ce doit être du même tonneau. Le 100% libre est une illusion. Un peu comme l’autarcie.
  • Mangy Dog

    Justement GNU/Linux est 100%Libre avec
    https://www.fsfla.org/ikiwiki/selibre/linux-libre/index.fr.html
    https://jxself.org/linux-libre/
    Trisquel est une version complètement libre du système d’exploitation GNU/Linux, basée sur Ubuntu mais n’incluant que des logiciels libres.
    Trisquel est une distribution du système d’exploitation GNU/Linux, avec le noyau Linux-libre

    Vous vous dites Formateur Consultant
    http://www.dsfc.net/blog/
    Votre commentaire n’est rien d’autre que de la désinformation

    Mais il va de pair avec le commentaire de Fredéric Bezies:
    je m’en contrebats les gonades, tant que ça fonctionne comme je l’entends.

  • Une ubuntu avec linux-libre pour schématiser. L’une des rares distributions 100% libre qui soit utilisable.

    Pour la maltraitance de gonades, j’ai précisé que c’était au niveau des licences utilisées. Je suis arrivé dans le monde du libre par hasard. Je ne pense pas que j’y serais venu si j’avais été introduit en utilisant un discours de RMS. Au contraire, cela m’aurait fait fuir dans la direction opposée.

    Comme je l’ai dit, libre ou open-source, pour moi, c’est de la maltraitance sexuelle de diptères.

    Pour la réflexion finale, j’ai l’impression de voir une guerre de tranchée, comme celle qui a sévit entre fin 1914 et les mutineries de 1917. On a deux camps qui se balancent dans des charges, sabre au clair alors qu’en face il y a des nids de mitrailleuses.

    D’un côté, il y aura les « théoriciens » qui défendent une vision empreinte de grands principes, parfois des plus louables, et de l’autre, des utilisateurs qui leur répondent : c’est bien beau. Mais ce qui compte, c’est l’expérience utilisateur. La possibilité d’effectuer certaines tâches précises tout en se simplifiant la tâche au maximum.

    Comme faire fonctionner l’imprimante du MIT qui a donné au mouvement du libre :)

    Cela me fait penser aussi penser à la « flamewar » entre Andrew Tannenbaum et Linus Torvalds concernant le type de noyau à utiliser : micro-noyau contre monolithique. C’est vrai que tout le monde utilise un micro-noyau pour faire fonctionner son OS libre, non ? :)

    Conclusion : on ne verra jamais la fin de cette guerre de tranchée. Ce qui compte pour moi, c’est de pouvoir utiliser mon ordinateur. Si sa logithèque est d’une pureté ou canonicité parfaite, tant mieux. Sinon, on essayera de s’en approcher. Mais sans oublier que le monde libre n’est qu’un phénomène marginal chez les utilisateurs lambda.

  • Laurent
    Encore une fois Frédéric, il ne s’agit pas ici de pureté logicielle mais pour certains de ne pas faire les choses à moitié tout simplement.

    C’est plus de la cohérence de convictions que de la ségrégation logicielle, tiens moi aussi je peux jouer sur les mots… :)

  • c138
    « C’est plus de la cohérence de convictions »
    Non, pas seulement. Il n’y aurait aucun problème à ce que certains poussent la cohérence de leur conviction jusqu’au bout.
    Grand bien leur fasse.
    Par contre, le fait qu’ils puissent le faire ne les autorisent pas à considérer que d’autres sont moins libristes qu’eux.
    Et c’est ce qui se passe.
    Nous avons tous des vies différentes (vie = contexte + contraintes) et chacun place le curseur où il veut, où il peut.

    Hier j’ai utilisé une adresse gmail pour me connecter à un compte facebook pour y faire de la pub pour le jeu minetest.
    (indice : sur facebook, des tas d’espaces numériques proposent des activités de jeux aux gamins, ados)

    Est-ce être moins libriste que celui qui utilise une adresse mail auto-hébergée pour faire de la pub sur un réseau social confidentiel pour une distribution estampillée « barbus only » ?

    PS : ce commentaire sera publié sur diaspora pour éviter toute censure silencieuse. Donc autorisation de censure mais ça va se voir ;-) Et oui, nous en sommes (déjà) là sur le blog soit-disant libre.

  • Laurent
    En ce qui concerne les commentaires, je vais être parfaitement clair pour expliquer comment nous fonctionnons :
    – l’approbation d’un commentaire ne se fait qu’après lecture de ce dernier pour éviter le spam et les propos contraires à la loi (ce sont uniquement ces deux critères qui sont pris en compte).
    – chaque auteur (et uniquement lui) est responsable de la modération des commentaires liés aux articles qu’il écrit.
    – voulant bien faire, une fois, j’ai validé un commentaires sur un article de Cascador pour éviter justement que le lecteur ne nous fasse de procès d’intention (« mais qu’est-ce qu’ils foutent sur le Blog-Libre ? Il est où mon commentaire ? Je suis censuré ? ») , non le commentaire n’a tout simplement pas été encore validé.
    – ton commentaire a été exceptionnellement validé par mes soins afin de pouvoir y répondre dans les meilleurs délais et en toute transparence.

    Le blog est encore en chantier, il manque pas mal de pages expliquant ces quelques règles, les mentions légales (précisant par la même occasion la licence appliquée aux contenus ce blog), une page de contact…

    Il y a également des petits soucis pour la prise en compte de certaines formes d’adresse email (WordPress semble être capricieux avec les adresses email contenant un point).

  • Donc tu parles d’une forme de « jusqu’au boutisme » qui peut tomber – pour les personnes non initiées – à la caricature au sens premier du terme.

    De la cohérence de convictions, soit. Mais si on tombe dans le « jusqu’au boutisme », on finit le nez dans le guidon, incapable de voir si un virage arrive ou pas. Cela me rappelle une scène d’un film « La Grande Vadrouille » où on voit un soldat allemand suivre sans fin le marquage au sol sans s’apercevoir qu’il fonce vers un ravin.

    Vers la fin de la scène en question : http://www.dailymotion.com/video/x18ms6_la-grande-vadrouille_shortfilms

    Encore une fois, nous sommes dans ce que j’ai décrit dans mon précédent commentaire : la guerre de tranchées, sauf qu’il n’y a pas de nids de mitrailleuses à affronter.

    Bon dimanche

  • LaTeX n’est pas plus ou moins libre que, disons, LibreOffice. De la même façon que HURD n’est pas plus ou moins libre que Linux-libre. Le mouvement pour le logiciel libre est social, éthique et politique. Le discours n’est pas technique.

    Et le logiciel libre ne se confine pas aux universités. Loin de là. Par exemple, en France, http://www.cnll.fr

    La différence entre « libre » et « open source » est fondamentale puisqu’elle se situe au niveau des valeurs : https://www.gnu.org/philosophy/open-source-misses-the-point.fr.html

    Et non, être libriste ce n’est pas être pur. C’est voir un problème social à l’utilisation de logiciel privateur et chercher à le résoudre. C’est le contraire de « s’en contrebattre les gonades » d’exécuter du logiciel privateur parce que « ce qui compte, c’est l’expérience utilisateur », pas la liberté.

  • c’est ma définition que je redécouvre : je ne pensais pas que cette page prospérerait depuis ce jour d’avril il y a 6 ans où je m’en suis occupé nocturnement :)
    Très bon billet au passage
  • …définition augmentée quinze jours plus tard par Psychoslave pour être complet (je crois me souvenir que nous avions échangé sur un forum au sujet de cette définition)
  • Jean-Pierre Pinson
    Je suis entièrement d’accord avec Magic Banana. Personnellement j’utilise un ordinateur Thinkpad T400, doté d’un bios gratuit (libreboot) et d’un système d’exploitation libre ( Trisquel GNU / Linux ) dont je suis très satisfait, J’utilise donc du matériel non privateur (Imprimante, scanner, ordinateur) ainsi, je me sens totalement libre, au sens de la philosophie du libre. Il en va de même pour les logiciel que j’utilise qui sont non privateur.

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