L’innovation du côté de chez Red Hat

Je pense qu’il n’aura échappé à personne que Red Hat vient de dépasser les 2 milliards de dollars de CA annuel (avec un bénéfice net de 199 millions de dollars). Red Hat fait son chemin et c’est très impressionnant.

Ces derniers temps je commence à être de plus en plus critique vis-à-vis de Debian. C’est quand la dernière fois qu’une information sexy est arrivée en provenance de chez Debian ? Ça fait tellement longtemps que je ne m’en souviens plus. Je vais donc vous parler de choses qui me font vraiment très envie et des bonnes idées du côté de chez Red Hat/Fedora/CentOS.

On commence par Cockpit qui fait partie d’un projet plus vaste, Atomic. Cockpit est une interface d’administration de serveurs GNU/Linux comme il en existe tant. La particularité étant qu’il est développé par Red Hat gage de qualité et de pérennité important. C’est disponible pour Red Hat, Fedora, CentOS, Debian (Ubuntu et Arch Linux en bêta) mais je précise qu’il n’est pas encore recommandé pour des serveurs en production. Cet article en Anglais et celui de Denis en Français vous en montreront un peu plus. La présentation des logs est très sympa, la grosse feature c’est le live terminal (testé et approuvé).

Les dépôts tiers EPEL issus de Fedora sont un principe très intéressant. Sur Red Hat/CentOS on peut installer les paquets de Fedora, c’est un peu comme si on pouvait aisément (c’est-à-dire sans tout casser avec des problèmes de dépendances) installer des paquets Ubuntu sous Debian. Les paquets de EPEL sont frais et très stables.

On continue avec les Software collections (SCL) qui s’adressent principalement aux développeurs sur CentOS et Red Hat. De prime abord on peut se dire qu’on peut faire la même chose sur Debian car il s’agit d’installer une version plus récente d’un package (PHP par exemple), c’est mal analyser la situation. On peut installer ensemble PHP 5.3 et PHP 5.4, un tuto récent et en Français vous en dira davantage sur comment ça se présente. L’avantage est énorme, sur le même serveur on peut installer deux versions de PHP (et le serveur Apache avec évidemment), idéal pour tester la mise à jour d’un site vers une nouvelle version de PHP par exemple. D’un point de vue personnel ça aurait été top de pouvoir tester PHP 7 avec les SCL sur les services web de mon server@home sans risquer de tout casser. A titre d’info les dépêches SCL 2.0 et SCL 2.1 de linuxfr.org.

Une release majeure de Red Hat et CentOS c’est quasiment 10 ans de mises à jour de maintenance. Par exemple CentOS 6 sortie en juillet 2011, c’est Full Updates jusqu’au 2ème trimestre 2017 et Maintenance Updates juqu’au 30/11/2020. Oui c’est impressionnant. Debian LTS a été lancé il y a deux ans et vise à étendre la durée de vie de toutes les versions stables de Debian à (au moins) 5 ans. Pour résumer chez Red Hat on a la durée de vie et la souplesse (SCL, EPEL…).

Copr est un projet poussé par Fedora, un article expliquant le concept en Anglais. Une excellente idée : Fournir un environnement de développement unifié, simple et rapide à mettre en place pour les contributeurs. Ça se base sur Vagrant qui provisionne (c’est-à-dire qui prépare) des machines virtuelles et tous les outils nécessaires pour que le contributeur (nouveau, occasionnel ou expérimenté) patche et développe ses paquets Fedora, l’explication en détail.

J’enfonce le clou en citant évidemment systemd. On dira ce qu’on voudra mais il a été majoritairement adopté par de très nombreuses distributions GNU/Linux. C’est parce que ça marche et que ça amène de nouvelles possibilités. That’s all !

Et du côté de chez Debian ? On va laisser le silence s’exprimer dans les commentaires.

P.S : Un gros merci au père Denis Szalkowski pour sa relecture et ses précisions.

Déjà 19 avis pertinents dans L’innovation du côté de chez Red Hat

Le souci, c’est que je suis père et maire, à la fois !

C’est moi qui te remercie. J’ai appris beaucoup de choses. Et ça fait du bien d’entendre parler des distros RPM sur un blog français.

    Salute !

    Pas mais car on est plusieurs à bloguer ici ;)

    Alors comme ça tu es père et mère maire Denis ? lol

    Tcho !

Un des intérêts de Debian, c’est la quantité de paquets disponibles. Après je ne sais pas ce que donne RedHat/CentOS avec les dépôts tiers que tu as présenté… Mais j’avoue que la durée du support des mises à jour est séduisante. Et pour avoir tâter du CentOS pour une installation de Centreon, il faut dire que certains concepts pour la gestion de la configuration du système sont intéressants.

De mon côté je lorgne du côté de Ubuntu ces derniers temps. C’est basé sur Debian, donc je ne perds pas mes habitudes. Côté desktop j’aime ce qu’ils font, donc ça pourrait être intéressant d’avoir la même chose côté clients et côté serveurs, en tout cas pour la maintenance et l’homogénéité de la configuration du parc. Les sorties de versions sont régulières et planifiées, ça permet de voir venir et de se préparer en conséquence. Puis ça permet de profiter des versions relativement récentes, et c’est peut-être là où CentOS pèche à mon sens (bien de que dans certains contextes il n’y a pas grand intérêt à avoir des versions récentes). Avec Debian, la prochaine version sort quand elle sort… ça fait qu’on est un peu dans le flou quant à savoir quand est-ce qu’on va faire migrer son parc. Et pour terminer, LXD me tape grandement dans l’œil, ça rend les conteneurs LXC facilement utilisables et permet de faire des choses intéressantes avec. (PS : et avec LXC ce sont des vrais conteneurs de vrais AdminSys, pas des joujoux pour développeurs comme Docker :-D).

    Salute,

    Je vais t’appeler copain maintenant parce que tu dis des choses censées et intéressantes ;)

    Je suis d’accord avec tes remarques, je précise qu’il était prévu de reprendre les mêmes pour les billets suivants. C’est bon de se sentir moins seul lol.

    Merci, Tcho !

À noter que Red Hat était également le promoteur de SystemD, l’init tant décrié mais qui a fini par être adopté partout.
Bonjour

Merci pour cet article, et merci pour la découverte du blog de , c’est vrai que ca fait plaisir de lire un peut sur les distro rpm

J’ai commencé à travaillé en alternance sur Fedora et Centos pour la partie serveur. La transition de Debian à Centos n’est pas facile mais je le recommande vraiment c’est un investissement qu’on ne regrette pas :) !

Bon weekend

    Salute,

    C’est une bonne chose de voir ce qui se fait ailleurs, les logiques différentes. Ça permet de prendre du recul et d’ouvrir son esprit à autre chose.

    Tcho !

RH et Debian ne sont pas du tout comparable. RH est une entreprise qui vends du logiciel très orienté entreprise. A ce niveau là, les distributions étaient très en retard vis à vis d’Active Directory et les stratgégies de groupes, le click click… même si personnellement, je préfère et de loin cfengine et ses dérivées. Debian est un des plus gros projets communautaire. Debian n’a pas dans ses objectifs de développer du code. Debian développe du code autour de dpkg/apt mais n’a pas vocation à développer le noyau Linux, systemd, gnome… Cependant, un point très important sur le développement que tu ne vois pas, l’aspect multi-plateforme. Si Linux se porte si bien sur amd64, c’est un peu grâce à Debian qui par le fait de sortir une distribution sur plusieurs architectures corrige et demande à faire corriger des très nombreux bogues. Bref, je pense que les deux peuvent se remercier mutuellement car les deux sont tout à fait compatible et complémentaire. Si Debian disparaissait demain, ce serait catastrophique à terme pour RH, j’en suis persuadé.

Coté LTS, une démarche a été démarré il y a quelques temps notamment autour de Raphaël Hertzog. Ce n’est pas complètement un projet Debian, mais un projet apparié, j’ai presque envie de dire toléré par Debian ;-) Aucune somme d’argent ne transite pas Debian. Tu peux aller sur la page du projet LTS, il cherche des personnes / entreprises prêtent à financer, la maintenance sur le long terme coûtant des heures de travail. Encore une fois, si les boites donnait à Debian ne serait que 1% de ce qu’elle donne à MS ou à RH, je suis persuadé que la LTS pourrait être maintenant bien plus longtemps.

Bref, ne pas oublier que Debian est un projet communautaire qui s’appuie pour la partie logiciel sur d’autres projets communautaires. S’il manque un logiciel, soit une boite, soit la communauté doit le faire. Debian ne le fera pas pour toi.

    Salute,

    Je suis un gros fan de Debian et je suis plutôt informé. Je vais te répondre mais il ne faut pas le prendre mal, c’est un échange d’arguments :
    1/ Tu prends RH mais je ne vois pas pourquoi. Tu prends CentOS et toute ton argumentation tombe à l’eau. C’est tout aussi Libre que Debian, c’est communautaire, gratuit et tous les logiciels cités dans l’article (sauf Copr) s’utilisent dessus
    2/ « Debian n’a pas dans ses objectifs de développer du code ». Tu as vu ça où ? Je t’invite à expliquer à l’ami Carl Chenet développeur Debian qui développe BackupChecker (disponible sur Debian et sur GitHub) pourquoi. Il y a environ 1000 développeurs Debian et c’est eux Debian, c’est eux qui font Debian. Si ils veulent développer un logiciel ils ne peuvent pas ou ils n’ont pas le droit ? C’est complètement ridicule ce que tu dis (je ne dis pas ça méchamment)
    3/ J’attends également que tu me donnes le mot/verbe que tu utilises pour caractériser le travail des développeurs Debian. Ils ne font pas du développement ? Pour toi « maintenir » un paquet c’est pas codé, développé, corrigé, testé, packagé ? Heureusement qu’ils peuvent proposer de nouveaux paquets et développer de nouveaux logiciels, ils sont développeurs et ils font du Logiciel Libre

    Tcho !

      Bonjour Cascador;
      Merci pour cette article interessant bien que je suis de l’avis de Sytoka. Tu as l’air de connaître debian et je n’en doute pas un moment, mais je reste a dire que tu compare l’incomparable comme si on compare wodprsse face a spip ou wordpress contre pluxml, d’un coté un projet entièrement communautaire et de l’autre un projet communautaire dirigé par une entité a but lucratif… Ils n’ont pas les même valeurs, ni les même buts et encore moins les même moyens…

      Alors si je compare a centos puisque tu dis que ça tombe a l’eau, il me semble que centos a été repris par redhat pour contrer oracle qui fournissait un support bon marché par rapport a redhat, je me trompe peut etre mais c’est ce que j’avais cru comprendre…

      Debian n’est qu’un distributeur de logiciel, il le fait bien, il fournit un noyau, des outils et plein d’autre chose mais il n’est pas développeur a temps pleins de nouveau produit. Il (le projet) a su faire en son temps des outils nécessaire car inexistant a une époque mais pas besoin de refaire un serveur pour ça et autre joyeuseté car leur but n’est pas le profit. Si le projet ne trouve pas chaussure a son pied c’est sur que les developpeurs vont produire du code, par contre c’est pas le but premier.

      Redhat ayant des besoins de rentabiliser doit toujours innover, car a coté il y a suse qui fournit aussi pas mal de chose et d’autres concurrent…, c’est normale de ce point de vue qu’il doivent inventer de nouvelles choses.

      Ensuite tu parle de dix ans de support, mais combien de debianeux se vantent de tourner avec debian sans jamais avoir réinstaller? Ils ont seulement upgrader leurs systèmes et c’est tout, donc le support est déjà présent derrière, surtout que si je m’abuse, ça laisse au moins 2 a 3ans pour migrer petit a petit(upgrader pardon)…
      Red hat c’est seulement par réinstallation propre, pas de upgrade, en tout cas pas pour le moment car j’ai lu que redhat reflechissait a une procédure pour upgrader dans leur prochaine version.

      De plus pour revenir aux dix ans, j’entends et tu dois aussi l’entendre un peu partout la première critique qui est faite a debian, c’est justement le coté obsolète, alors actuellement c’est deux pour une nouvelle version, imaginons qu’on pousse le support a 10 ans… La je vois mal avec les changement que ça applique de laisser la possibilité de faire des upgrades de version avec autant d’écart. Mais bon redhat y pense alors ça devrait bientôt être faisable.

      On peut aussi parler du coup, redhat faut payer pour un support et pour les mises a jour, si je me trompe(je suis pas fan des rpm), centos est le pendant gratuit de redhat entretenu par une communauté, puis resdhat pour contrer certains pompeur qui fournissaient le même service en moins chère(peut etre en moins bien aussi) s’est proposé pour officialiser le rapprochement du coup centos est officiellement de la famille.

      Debian fournit pas autant de duré de support, certes, mais au moins on a 3 ans sur, 2ans officiel et une bonne année voir plus pour migrer. Tout ça avec support gratuit et mise a jour inclus. Si on pousse un peu la charrette avec le projet LTS, ça va jusqu’à 5ans, tous les paquets ne sont pas entretenu seule les paquets qui ont un sponsor, c’est a dire une personne ou une société qui paye ou qui maintient ce paquet en fournissant une personne de sa société sont LTS.

      Apres centos est gratuite et propose donc ces 10 ans de support mais, il y a un mais, ne permet pas encore le passage de la version b a la version c (pas d’upgrade possible), bien sur c’est temporaire car redhat y pense de plus en plus.
      Centos a besoin de dépôts tiers, et la pour l’ensemble de la stabilité c’est pas sur a 100%, je connais pas redhat, je connais vite fait fedora et centos, j’ai pas aimé devoir passer par un(au moins) dépôts tiers. Je pense a openSUSE que j’apprécie beaucoup et a son dépôt tier(packman) et je suis bien content que debian fournit tout sans avoir besoin de dépôts en surplus.

      Apres c’est comme tout, une grosse société pourra s’offrir les services de red hat, ou la gratuité de centos, ou encore celle de debian. Une petite pourra simplement se contenter de centos ou de debian et une école par exemple préféra peut être debian.

      Ce que j’aime pas avant tout c’est d’être dépendant d’une société a but lucratif, qui te dit qu’une fois que centos aura un certains nombre de client ou qu’il n’y aura plus de concurrents redhat fermera simplement cette distribution? C’est pas l’esprit de red hat qui a toujours été clean de ce coté mais quand même.

      L’autre point c’est pour une utilisation courante, chez soi, car je ne sais pas si tu parlais de redhat pour une utilité professionnelle ou privé, et même centos qui est gratuite, 10 ans dans l’informatique c’est une éternité, déjà que deux ans chez debian les détracteurs de debian se font un malin plaisir de relancer toujours les mêmes arguments, comme l’obsolescence, alors sur dix ans… Et puis je me répète mais a quoi ça sert d’avoir ce temps très large de support pour une utilisation personnelle et non professionnelle si c’est pour ajouter un dépôt tiers qui est certainement entretenue par la communauté mais ça reste des projet tiers.
      Deux ans pour moi c’est déjà long, les mois de gèles de la testing sont pour moi le moment de repasser en testing/sid, on verra cette jessie car pour le moment je suis en manque de temps ça sera peut être un simple upgrade de jessie a la prochaine stable (que je n’ai plus le nom).

      Encore une fois on est dans un débat donc ne voit pas en moi quelqu’un qui t’impose sa vision mais comme toi qui argumente pour mieux comprendre.
      Amicalement

        Salute,

        Tu sais je suis vraiment gentil lol, je ne vais pas te sacrifier en place publique arf.

        Bon je ne suis pas sûr de comprendre l’objet de ton très long commentaire et j’y vois des erreurs (factuelles pas idéologiques) alors je vais essayer de répondre dans un article dans les prochaines semaines.

        Tcho !

Salut,

Alors pour être en train de qualifier la nouvelle version de RHEL pour un grand compte, il y a encore une chose que Red Hat ne sait toujours pas faire sans y mettre de grosses limites : la mise à niveau sans ré-installer le système.

Debian est largement en avance à ce niveau-là et supporte l’ensemble des paquets présents dans main ce qui représente bien plus de logiciels que ce n’en propose une Red Hat.

Le travail de Red Hat se rapproche davantage de l’approche d’Ubuntu, avec un outil qui se charge de vérifier si c’est possible et, comme celle-ci, désactive tout dépôt non officiel ou plutôt pas de base. Exit EPEL et autres SCL. En outre, il faut disposer de la toute dernière version de la RHEL 6…

Et tout cela pour quoi ? Pour refuser purement et simplement de procéder à l’opération car /usr est une partition dédiée (sous prétexte qu’elles présentent des risques et rendent plus complexes le démarrage du système (surtout si la dite partition est en iSCSI ou SAN, ce qui n’est pas notre cas)… Par contre, tu peux installer un nouveau système avec une telle partition.

Ce ne sera pas la seule raison (outre le besoin de migrer de ext4 vers xfs) qui qui risque de faire pencher la conclusion de l’étude vers une ré-installation en cas de migration mais c’est assez frustrant… Ré-installer un système tout en conservant l’ensemble de ses paramètres suppose de tracer entièrement les modifications qui y sont apportées et nécessite un outil de gestion de configuration tel que Puppet ou Cfengine (mais ces derniers ne font qu’appliquer une référence connue…).

    Comme je le disais plus haut, Le saute de version est possible aujourd’hui sur Fedora. Sur CentOS, la procédure présentée pose encore quelques ratés, pour l’avoir testé.
Le côté sexy de Redhat par rapport à Debian ? je ne me prononcerai pas.
Je ne sais pas quel est ton niveau de connaissance de Debian mais si tu approfondis un peu tu y verras des outils de gestion de paquets (mais pas seulement) vraiment interessants et puissants. Ils sont en général en ligne de commande. Donc côté sexy c’est pas trop le genre.

Redhat. C’est incontestablement de très bons outils et une basse de connaissance très riche et d’excellente tenue. Alors pourquoi ne pas te faire ta propre opinion, par exemple en t’investissant dans Fedora. On ne peut s’interesser à Linux sans regarder aussi du côté de Fedora qui, ne serait-ce que sur le plan des innovations, est incontournable. Je suis plus réservé pour un poste de travail.

Donc à toi de voir et bonne suite.

La discussion est malheureusement close.